DIG / Un mois après l’élimination précoce des Panthères au Maroc (zéro point en phase de groupe), le dossier financier de la participation gabonaise à la CAN 2025 révèle une situation préoccupante : près de 3,7 milliards de FCFA de dettes restent impayées aux prestataires nationaux, selon une correspondance officielle du ministère des Sports datée du 14 janvier 2026.
Sur un budget total de 6,594 milliards de FCFA alloué à la délégation gabonaise, seule la moitié a été effectivement décaissée.
Ces fonds ont permis de couvrir la Fan Zone, les primes des joueurs et du staff technique, ainsi que le matériel médical.
En revanche, deux ordres de paiement – respectivement de 1,346 milliard et 2,343 milliards de FCFA – demeurent bloqués au ministère du Budget, laissant des entreprises locales dans une situation critique.
Des créanciers locaux au bord du gouffre
Parmi les victimes de ce retard de paiement figurent :
-L’hôtel Le Nomad, prestataire de la restauration quotidienne de la délégation ;
-Des transporteurs aériens et logisticiens spécialisés dans les déplacements des équipes nationales ;
-Des fournisseurs de stades d’entraînement ;
-Dix journalistes accrédités par le ministère, à qui 40 millions de FCFA de per diem restent dus.
Certaines entreprises, habituées à travailler avec l’État gabonais sur la base d’une confiance historique, frôlent aujourd’hui la cessation de paiement après avoir accepté de financer sur leurs fonds propres des prestations pourtant validées par ordres de mission officiels.
Un signal inquiétant pour l’économie nationale
Cette situation intervient dans un contexte social tendu, marqué par des grèves récurrentes dans l’éducation, les finances publiques et le secteur pétrolier.
Elle fragilise également la crédibilité de la signature de l’État face à ses créanciers locaux – un risque bien plus immédiat que les tensions avec les bailleurs internationaux.
Alors que le Gabon cherche à relancer son attractivité économique, l’incapacité à honorer des engagements modestes envers des PME nationales envoie un signal contradictoire : comment attirer des investisseurs étrangers lorsque les partenaires locaux sont laissés « sur le carreau », selon l’expression même du ministère des Sports ?



