DIG / Pas d’état de grâce pour le nouveau ministre en charge de la lutte contre la vie chère, Thierry Minko.
Alors que les prix des produits de première nécessité pèsent lourdement sur le panier de la ménagère, la Centrale d’Achats du Gabon (CEAG) — outil phare de la nouvelle stratégie économique — suscite autant d’attentes que d’impatience.
Interpellé par la persistance de l’inflation alimentaire, le nouveau vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a tapé du poing sur la table.
Lors de sa récente prise de parole, il a appelé à l’opérationnalisation immédiate de cette structure créée en août 2025, conçue pour centraliser les importations de l’État, mutualiser la demande publique et casser la spirale des coûts.
Pourtant, près de six mois après l’annonce de sa création par le Conseil des ministres, la CEAG peine à produire des effets visibles dans les assiettes.
Selon plusieurs observateurs, la structure, qui devait devenir l’importateur exclusif d’une cinquantaine de produits stratégiques, reste confrontée à des défis logistiques et à la nécessité de structurer ses réseaux de distribution.
Des prix toujours sous tension
Sur les étals de Libreville, la réalité reste difficile : le sac de riz parfumé (25 kg) frôle parfois les 20 000 FCFA, tandis que le bidon d’huile et les produits laitiers subissent toujours des pressions inflationnistes, malgré les efforts de régulation.
Des niveaux que la CEAG, pilotée sous la supervision du ministère de l’Économie, devait justement contenir en sécurisant l’approvisionnement.
Le défi est clair : pour être crédible, la CEAG doit passer des textes aux actes.
Hermann Immongault, désormais en charge de la coordination de l’action gouvernementale, a été ferme à l’endroit de son collègue de l’Economie.
Dans un contexte social tendu, la population attend des résultats concrets. La centrale d’achat a l’obligation de prouver qu’elle est un véritable bouclier pour le consommateur, et non une simple administration supplémentaire.



