CESEC : Une nomination insignifiante et au rabais pour le Président de l’OGC

DIG/ La récente nomination du Président de l’Organisation des Consommateurs du Gabon (OCG) au Conseil Économique, Social Environnemental et Culturel (CESEC) en qualité de suppléant suscite incompréhension et indignation au sein du mouvement consumériste gabonais.

Pour de nombreux observateurs, cette désignation apparaît comme une reconnaissance minimale, voire symbolique, loin de refléter l’importance stratégique de la défense des consommateurs dans la gouvernance économique et sociale du pays.

Le CESEC, institution consultative majeure, a vocation à représenter les forces vives de la Nation et à éclairer les pouvoirs publics sur les grandes orientations économiques, sociales et environnementales.

À ce titre, la présence des représentants des consommateurs devrait être centrale, tant les enjeux liés au coût de la vie, à la qualité des services, à la régulation des marchés et à la protection des citoyens sont cruciaux.

Or, cantonner le Président de l’OCG à un rôle de suppléant revient, pour beaucoup, à reléguer la voix des consommateurs au second plan.

Cette nomination est d’autant plus mal perçue que l’Organisation des Consommateurs du Gabon est l’une des structures les plus anciennes, pionnière dans la défense des droits des usagers.

Lutte et non reconnaissance

Son Président (Ibrahim Tsendjiet Mboulou) incarne des années d’engagement, de plaidoyer et de mobilisation citoyenne face aux abus commerciaux, aux pratiques anticoncurrentielles et aux défaillances de service.

Le nommer suppléant, sans rôle décisionnel permanent, donne l’impression d’une reconnaissance formelle sans réelle volonté d’influence.

Au sein des associations de consommateurs, le sentiment dominant est celui d’une nomination au rabais, perçue comme un compromis politique plutôt qu’un choix fondé sur la compétence et la légitimité.

« On reconnaît la fonction, mais on neutralise la voix.  En tant que pionnier, il mérite plus de considération », », confie Gildas NDZENGUE MBOMBA, Président de l’Association Gabonaise des Usagers des Banques (AGUB), estimant que cette décision affaiblit la représentation effective des consommateurs au sein du CESEC.

Cette situation pose une question fondamentale : Quelle place les autorités entendent-elles réellement accorder aux consommateurs dans l’élaboration des politiques publiques ?

À l’heure où les Gabonais font face à une pression accrue sur leur pouvoir d’achat et à une complexification des marchés, la marginalisation de leurs représentants au sein des instances consultatives envoie un signal préoccupant.

Pour les défenseurs des consommateurs, cette nomination devrait être revue afin de garantir une représentation pleine et entière, à la hauteur des enjeux.

À défaut, préviennent-ils, le CESEC risque de passer à côté de l’expertise du terrain et de renforcer le sentiment d’exclusion des citoyens qu’il est pourtant censé représenter.

 

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La Redaction

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