DIG / Le Camerounais Éric Rochereau Kouaghu Tchuisseu s’apprête à prendre les rênes du secrétariat général de la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (CIMA).
Dès le 1er avril 2026, à Libreville, cet ancien haut cadre du ministère camerounais des Finances succédera à Blaise Abel Ezo’o Engolo. S’il hérite d’un secteur au potentiel immense, les chantiers qui l’attendent à la tête de cette instance régulant 14 pays africains sont de taille.
Vaincre le sous-équipement assurantiel
Le défi numéro un du nouveau Secrétaire général sera de faire décoller un marché encore très marginal. Avec un taux de pénétration d’environ 1 % en 2022, l’espace CIMA accuse un lourd retard face à des marchés continentaux comme le Maroc (3,9 %) ou l’Afrique du Sud (11,3 %).
Pour transformer ce potentiel de croissance en réalité, Éric Kouaghu Tchuisseu devra actionner plusieurs leviers : encourager la digitalisation, développer la micro-assurance et l’assurance agricole, et surtout, restaurer un climat de confiance. La méfiance historique des populations et le poids du secteur informel exigent un vaste chantier d’éducation financière.
Assainissement et rééquilibrage régional
Le nouveau patron de la CIMA devra également se montrer inflexible sur la régulation. Poursuivre l’assainissement du secteur passera par un contrôle strict de la solvabilité des compagnies, notamment le respect de la réglementation sur le capital minimum exigé.
Enfin, il fera face à un défi d’intégration régionale. Le marché de la CIMA reste profondément déséquilibré au profit de l’Afrique de l’Ouest, qui concentrait en 2022 près de 67 % du segment non-vie et plus de 78 % de l’assurance vie.
Réduire ces disparités pour accompagner un développement harmonisé en Afrique centrale et de l’Ouest sera la clé pour asseoir définitivement la crédibilité de l’institution.



