CNSS et CNAMGS : Mark Alexandre Doumba empêtré dans un scandale de 3,2 milliards de FCFA

DIG / Un différend majeur oppose actuellement les caisses de sécurité sociale gabonaises (CNSS et CNAMGS) à la société CLIKAFRIK.

Au cœur de l’affaire : des pressions institutionnelles exercées, dit-on, par le ministre de l’Économie Numérique, Mark Alexandre DOUMBA, pour imposer ce prestataire aux coûts jugés exorbitants par rapport aux offres concurrentes.

Un contrat opaque aux irrégularités flagrantes

Selon des sources concordantes, le litige prend racine dans une convention tripartite signée le 14 août 2023.

D’après une note interne de la Direction Générale de la CNSS, ce marché a été octroyé à la société CLIKAFRIK dans des conditions jugées « opaques ».

En effet, l’analyse juridique révèle une surfacturation manifeste : le contrat s’élève à 3,2 milliards de FCFA, alors qu’une offre concurrente proposait les mêmes services pour seulement 800 millions de FCFA.

De plus, l’octroi de ce marché n’a respecté, indique t-on, aucune procédure du Code des Marchés Publics : absence de mise en concurrence, absence de formalisation des besoins et absence de cahier des charges.

 Pression ministérielle et arrêt des projets internes

Malgré les alertes sur l’inopérance technique de la plateforme CLIKAFRIK — dont le taux d’exécution réelle n’était que de 8 % en 2024 — le ministre Mark Alexandre DOUMBA serait intervenu directement pour imposer cette solution.

Lors d’une réunion au ministère, il aurait été ordonné :

-L’arrêt immédiat des projets internes développés par les équipes de la CNSS et de la CNAMGS.

 -Le retrait des portails actuels, pourtant plébiscités par les employeurs, au profit de CLIKAFRIK.

 -La substitution forcée des outils existants sous un délai de 4 mois.

Conflits d’intérêts et dérives systématiques

Le dossier pointe du doigt des pratiques s’apparentant à des délits d’initiés et des trafics d’influence.

La ténacité du ministère à imposer ce prestataire, malgré une proposition d’avenant de CLIKAFRIK en février 2025 réduisant le coût de moitié (confirmant ainsi la surfacturation initiale), pose la question des liens d’intérêts.

Ces méthodes semblent se généraliser à l’ensemble des projets numériques du pays. Qu’il s’agisse de l’archivage, des datacenters ou d’autres infrastructures, un système de prête-noms — impliquant parfois le cercle familial proche du ministre — permettrait de capter les marchés publics au détriment de l’expertise interne des administrations et du contribuable.

Des risques financiers et opérationnels majeurs

Le Directeur Général de la CNSS, le Dr Olivier REBIENOT PELLEGRIN, a formellement alerté le Conseil d’Administration sur les dangers de cette situation. Les risques identifiés sont critiques :

-Surfacturation flagrante au préjudice des caisses sociales.

 -Déploiement d’une plateforme non conforme aux exigences techniques.

 -Atteinte à la souveraineté des données des assurés gabonais.

Face à ce que la société civile qualifie désormais de « mainmise » sur le numérique national, les autorités de contrôle sont plus que jamais attendues pour sécuriser les intérêts des assurés et de l’État.

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La Redaction

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