DIG / Alors que le Gabon vient de graver dans le marbre un durcissement historique du Code de la nationalité, une nomination à la tête de la communication du gouvernement fait l’effet d’un séisme politique.
Soro Donagnon Issoufou, expert infographe d’origine ivoirienne et naturalisé gabonais, assure l’intérim de ce poste ultra-stratégique depuis le 26 mars 2026.
Une promotion qui interroge sur la cohérence de la doctrine de « préférence nationale » affichée par les nouvelles autorités.
Une nomination à contre-courant de la loi
Le nouveau Gabon de 2026 s’est doté de lois restrictives visant à réserver les fonctions souveraines et les secteurs économiques clés aux « Gabonais d’origine ».
Dans ce contexte, voir un citoyen naturalisé prendre les commandes de la parole officielle de l’État crée un malaise profond.
Le choc des principes : Comment justifier l’exclusion des binationaux de certains secteurs économiques tout en confiant les clés de la communication gouvernementale — le saint des saints de la stratégie d’État — à un profil dont la naturalisation est au cœur des débats ?
Légitimité technique vs Identité : Si ses compétences en ingénierie de l’image sont reconnues, le milieu de la communication s’interroge : le talent technique suffit-il à compenser le déficit de « légitimité historique » exigé par l’opinion publique actuelle ?
Soupçons et réseaux d’affinités
Dans les couloirs du pouvoir à Libreville, les murmures vont bon train. Beaucoup y voient la persistance de réseaux d’affinités qui transcenderaient les lois patriotiques votées ces derniers mois.
Cette nomination fragilise le discours officiel sur la « restauration de la dignité nationale » :
-S’agit-il d’un pragmatisme de sommet qui privilégie l’efficacité technocratique ?
-Ou d’un accroc majeur au contrat social promis aux Gabonais après la transition ?
Un test de crédibilité pour le pouvoir
La confirmation définitive de Soro Donagnon Issoufou à ce poste serait un signal ambigu. Elle prouverait que, malgré les discours souverainistes, le sommet de l’État reste une zone où les règles de nationalité s’effacent devant la proximité ou l’expertise technique.
Pour les défenseurs du « Gabon d’abord », c’est une pilule amère qui pourrait alimenter une fronde identitaire au sein même de la majorité.



