DIG / À Libreville, le quartier d’Angondjé est le théâtre d’un bras de fer juridique et social opposant des particuliers à de grandes entités économiques avec au cœur du litige : la délimitation de parcelles situées à proximité du stade de l’Amitié sino-gabonaise.
Un imbroglio administratif de longue date
L’affaire remonte à 2012, lorsque l’État a déclaré cette zone d’utilité publique pour y ériger des logements sociaux. Cependant, face à l’absence de travaux concrets, de nombreux citoyens se sont installés sur ces terres après avoir racheté des parcelles auprès des populations autochtones.
Selon Gabon 24, ces acquéreurs affirment avoir sollicité l’expertise technique de l’ANUTTC (Agence Nationale de l’Urbanisme, des Travaux Topographiques et du Cadastre), qui aurait conclu à l’époque que ces espaces n’étaient pas occupés pour les projets étatiques.
Le duel avec le Goupe Olam
Le conflit a pris une tournure dramatique avec l’entrée en scène de l’entreprise Olam. Le groupe agro-industriel, ayant acquis une parcelle de 14 hectares (notée YQ1) auprès de la Société Nationale Immobilière (SNI), soutient que son titre de propriété s’étend désormais sur 36 hectares.
Cet élargissement englobe la parcelle YT5, où se sont installés les plaignants.
Profitant d’un avis d’expulsion, les agents de l’entreprise ont procédé à la destruction de plusieurs habitations, dont certaines étaient en phase de finition, laissant les familles dans le désarroi.
L’attente d’une décision judiciaire
Portée devant le Tribunal de première instance de Libreville, l’affaire est loin d’être résolue.
L’ANUTTC, par la voix de son directeur juridique Albin Mombe, rappelle qu’un espace en litige ne peut faire l’objet d’une cession tant que le différend n’est pas réglé par l’administration ou la justice.
Le tribunal exige désormais une expertise contradictoire pour comprendre comment un titre foncier initial de 14 hectares a pu s’étendre à 36 hectares.
Une audience cruciale s’est tenue le 25 mars 2026 et les victimes espèrent enfin être rétablies dans leurs droits.


