DIG / Devant les agents de son nouveau ministère, le 8 janvier 2026 à Libreville, Sosthène Nguema Nguema l’ancien ministre du Pétrole désormais aux Mines, a décrit un système où l’argent circule librement vers les ministres via des transferts électroniques.
« Je faisais retourner l’argent », assure-t-il dans une vidéo de la rencontre faisant le buzz sur les réseaux sociaux.
Mais derrière cette posture de « Monsieur Propre », plusieurs zones d’ombre méritent d’être interrogées. La première interrogation porte sur le timing.
Pourquoi révéler ces faits graves maintenant, une fois passé à un autre portefeuille ?
Si des opérateurs économiques ont tenté de corrompre un membre du gouvernement en exercice, il s’agit d’un crime flagrant.
Le ministre a-t-il porté plainte à l’époque ? A-t-il saisi le procureur de la République comme l’exige la loi pour tout fonctionnaire témoin d’un délit ?
Se contenter de « rendre l’argent » sans dénoncer les corrupteurs revient, d’une certaine manière, à protéger l’anonymat des criminels qui continuent probablement d’opérer.
Des accusations sans visage
Dénoncer le « système » sans nommer personne est un exercice politique commode.
Qui sont ces « gens » qui font des dépôts ? Quelles compagnies pétrolières ont usé de ces méthodes ?
En restant dans le flou, Sosthène Nguema Nguema jette le discrédit sur l’ensemble du secteur sans permettre à la justice de faire le tri.
Alors que les autorités du pays prônent la restauration des institutions et la fin de l’impunité, ces déclarations ressemblent fort à un coup de communication politique.
En se posant en victime intègre d’un système pourri, le ministre s’achète une virginité morale à peu de frais. Mais sans suites judiciaires concrètes, cet aveu risque de n’être perçu que comme un aveu d’impuissance, voire une tentative de se dédouaner préventivement.
La lutte contre la corruption exige des noms, des enquêtes et des sanctions, pas seulement des anecdotes racontées a posteriori.



