Crise à l’INPTIC : 9 mois sans salaire, intimidations, ultimatum et… menace de grève

​DIG / Rien ne va plus pour les agents et enseignants de l’Institut National de la Poste, des Technologies de l’Information et de la Communication (INPTIC) : entre arriérés de salaires records, absence de couverture santé et refus d’organiser des élections de délégués, le collectif des employés sort du silence pour interpeller les plus hautes autorités et l’opinion publique.

​Le constat est glaçant : au 2 mars 2026, les agents accumulent 9 mois d’arriérés de salaires.

Une situation qui plonge des dizaines de familles dans une détresse absolue.

« Imaginez-vous passer les fêtes de Noël sans aucun cadeau pour vos enfants, être expulsé par son bailleur ou ne plus pouvoir se soigner », confie un membre du collectif.

À cette absence de rémunération s’ajoute une disparition de la couverture sanitaire (assurance maladie) depuis plus de deux ans, alors même que les cotisations sociales feraient l’objet de « fausses déclarations » selon les employés.

Les 9 points de la discorde

Le préavis de grève, déposé initialement en janvier 2026, repose sur des revendications précises que la Direction Générale peine à satisfaire :

​1-Paiement intégral des 9 mois d’arriérés ;

​2-Régularisation de l’assurance maladie ;

​3-Respect de la grille salariale (selon le profil ingénieur, l’ancienneté et la fonction) ;

​4-Fin des CDD abusifs (certains agents sont sous contrat précaire depuis 3 ans) ;

​5-Paiement des vacations (dues depuis 4 ans) ;

​6-Transparence sur les primes de concours ;

​7-Dépôt effectif des dossiers à la Fonction Publique (des dossiers auraient été « perdus » puis « retrouvés » sous la pression) ;

​8-Délivrance de bulletins de salaire conformes ;

​9-Organisation immédiate des élections des délégués du personnel.

Une direction accusée d’obstruction

​Le collectif dénonce une attitude hostile de la part du Directeur Général (DG).

Selon les témoignages, ce dernier aurait non seulement tenté d’intimider les agents en faisant intervenir la police au sein de l’établissement pour des motifs de « vandalisme » jugés mensongers, mais il ferait aussi obstacle à la loi.

​« Nous avons écrit trois fois pour demander l’élection de délégués du personnel. C’est une obligation légale. Le silence de la direction suggère qu’elle a quelque chose à cacher sur la gestion des fonds », explique un membre du collectif.

L’arbitrage du ministère : une lueur d’espoir ?

​Face à l’immobilisme de la direction, le Secrétariat Général du ministère de tutelle a dû intervenir. Une commission a été demandée par le ministre pour confronter les chiffres : alors que les agents calculent un besoin de 100 millions de FCFA pour régulariser les salaires, la direction en déclarerait… 314 millions.

Le ministre a donné jusqu’au 16 mars 2026 pour qu’une solution financière soit trouvée avec le ministère des Finances.

Le collectif, bien que faisant preuve de « bonne foi » en suspendant momentanément les blocages pour permettre le dialogue, reste sur le qui-vive.

Si aucune avancée concrète — notamment le paiement d’au moins deux ou trois mois de salaire — n’est constatée avant la date butoir du 16 mars 2026, la base a déjà prévenu : le mouvement de grève reprendra avec une intensité accrue.

Affaire à suivre…

 

 

 

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La Redaction

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