DIG / Alors que les tensions entre l’Iran et Israël font peser une menace d’embrasement sur le détroit d’Ormuz, les regards se tournent vers les producteurs africains.
Pour ces pays, en effet, dont le Gabon, cette crise offre un « avantage énergétique » théorique : une hausse des recettes budgétaires et une attractivité renouvelée pour les investisseurs fuyant l’instabilité du Golfe.
Une opportunité pour les recettes de l’État
Pour Libreville, chaque dollar supplémentaire sur le prix du baril de Rabi Light ou de Mandji est une bouffée d’oxygène pour le Plan National de Développement de la Transition (PNDT).
Si le détroit d’Ormuz — par où transite 20 % de la consommation mondiale de pétrole — venait à être bloqué, les raffineurs asiatiques et européens chercheraient désespérément des alternatives.
Le brut gabonais, acheminé par l’Atlantique, loin des zones de conflit, devient alors une valeur refuge stratégique.
Le défi de la capacité : Produire plus pour gagner plus
Cependant, il y a un bémol de taille pour les producteurs africains : les obstacles structurels.
Au Gabon, le défi est double :
– Le déclin naturel des champs : La plupart des gisements sont matures. Pour profiter d’un « boom » des prix, le pays doit maintenir, voire augmenter sa production, ce qui nécessite des investissements massifs dans l’exploration et la récupération assistée.
– Le climat des investissements : Si le risque géopolitique est plus faible en Afrique centrale qu’au Moyen-Orient, les investisseurs internationaux restent attentifs à la stabilité du cadre fiscal et à la célérité des réformes administratives.
L’edge africain face à la Chine
La Chine, principal partenaire commercial du Gabon, cherche activement à diversifier ses sources pour sécuriser son approvisionnement.
Un conflit prolongé en Iran pourrait pousser Pékin à accélérer ses investissements dans le bassin sédimentaire gabonais, tant en onshore qu’en offshore profond.
Si la guerre au Moyen-Orient donne techniquement un avantage compétitif aux producteurs africains, ce dernier ne sera durable pour le Gabon que si le pays parvient à transformer cette rente pétrolière en investissements structurants.



