DIG/ Le Gabon peut-il résoudre ses problèmes d’eau et d’énergie dans l’immédiat ?
La réponse, bien que difficile à entendre, est négative selon plusieurs observateurs.
La séance de travail tenue le 3 mars 2026 entre le Chef de l’État, les responsables de la SEEG et le groupe Suez a mis en lumière un mal bien plus profond que de simples pannes techniques : une crise structurelle et morale qui s’est enracinée sur plusieurs décennies.
Un héritage de gestion opaque
Le constat dressé par le Président Brice Clotaire Oligui Nguema est sans appel : La SEEG souffre d’un manque de rigueur et de mécanismes financiers opaques qui ont fini par fragiliser l’institution.
Malgré les mesures d’accompagnement de l’État, la société reste dans l’incapacité d’alimenter correctement les ménages.
Cette situation est aggravée par des facteurs internes et externes :
-Une gestion incohérente : l’absence de transparence vis-à-vis de l’État et des sous-traitants a brisé la chaîne d’efficacité.
-L’incivisme et la fraude : le phénomène des « mauvais payeurs » (incluant des personnalités influentes) et les actes frauduleux privent la société des ressources nécessaires à son entretien.
-Une communication défaillante : le manque de clarté vis-à-vis des populations a fini par rompre le contrat de confiance.
Le temps de la reconstruction technique
Le partenariat stratégique avec le groupe Suez est la pierre angulaire du redressement. Cependant, l’optimisation technique des infrastructures et l’amélioration de la production ne se font pas instantanément.
Il s’agit de travaux de fond sur des réseaux souvent obsolètes qui nécessitent du temps et une collaboration totale des techniciens locaux, sans blocages internes.
L’heure du traitement de choc
Pour restaurer ce service public, le pouvoir mise désormais sur une politique de fermeté :
-Assainissement financier : redresser les comptes via le recouvrement des créances et la lutte contre la fraude.
-Transparence radicale : la volonté d’afficher publiquement la liste des fraudeurs pour marquer la fin de l’impunité.
-Modernisation : utiliser les nouvelles technologies apportées par Suez pour garantir un service digne des attentes des Gabonais.
Si la volonté politique de restaurer la confiance est réelle, la résolution définitive des délestages et des pénuries d’eau passera par une période de transition obligatoire.
On ne répare pas trente ans d’errance en quelques semaines.
L’urgence est aujourd’hui au nettoyage de la gouvernance avant de pouvoir espérer une stabilité durable.



