DIG / La Gabon Power Company, filiale du Fonds gabonais d’investissements stratégiques (FGIS) affiche une ambition considérable : mobiliser 900 milliards de francs CFA pour transformer en profondeur le paysage énergétique national.
Ce plan directeur, qui englobe plusieurs projets hydroélectriques structurants dont Irouba, Kinguélé Aval et Ngoulmendjim, est présenté comme le socle de l’industrialisation du pays.
Sur le papier, la vision est cohérente et la logique d’ensemble difficilement contestable. Mais entre l’enveloppe annoncée et les financements réellement sécurisés, la distance peut être considérable.
Projection ou certitude
La première question que tout analyste doit se poser est simple : quelle part de ces 900 milliards de FCFA est aujourd’hui engagée juridiquement auprès de bailleurs identifiés ?
L’accord IFC-Hydroneo constitue une avancée réelle, mais il ne couvre qu’un segment du programme global.
Sans visibilité sur la structure de financement d’ensemble, fonds propres, dette commerciale, financements concessionnels, le chiffre de 900 milliards reste une projection budgétaire, non une certitude opérationnelle.
Lourdeurs et dépendances
La question de la capacité d’exécution de la GPC elle-même mérite également d’être posée sans détour.
Le taux de réalisation effective des investissements publics dans le secteur énergétique gabonais a historiquement été faible, pénalisé par des lourdeurs administratives, des contentieux contractuels récurrents et une dépendance excessive aux financements extérieurs.
Dans ce contexte, l’ambition affichée doit s’appuyer sur une réforme institutionnelle profonde de l’opérateur public pour être crédible.
Rigueur
Le plan de 900 milliards de FCFA est malgré tout une nécessité absolue pour un pays qui n’exploite que 15 % de son potentiel hydroélectrique.
La direction est bonne, l’urgence est réelle et les ressources naturelles sont là.
Mais la crédibilité de ce programme se gagnera projet par projet, délai respecté après délai respecté et non à travers des annonces globales dont le Gabon a déjà trop souvent fait sa marque de fabrique énergétique.



