Déforestation : Le combat historique du village Massaha à Makokou

DIG / Depuis plusieurs années, les habitants du village de Massaha (situé dans la province de l’Ogooué-Ivindo, près de Makokou) mènent une lutte acharnée pour la survie de leur écosystème.

Leur forêt intacte a été intégrée dans une vaste concession attribuée à une entreprise d’exploitation forestière. Mais au lieu de se résigner face aux abattages, la communauté s’est soulevée de manière pacifique et légale.

Dans une démarche unique dans l’histoire de la politique forestière du pays, les villageois ont exigé de l’administration le déclassement de cette portion du permis forestier pour qu’elle soit reclassée en « Aire Protégée Communautaire », gérée de manière autonome par les habitants eux-mêmes.

Plus qu’une forêt, une identité culturelle

Pour ces populations locales, l’enjeu va bien au-delà de la simple écologie. Cette forêt est le pilier de leur mode de vie traditionnel. Elle abrite des sites sacrés, d’anciens villages, et constitue un vivier essentiel pour la subsistance quotidienne : gibier, herbes comestibles (nkumu), ou encore plantes médicinales précieuses comme l’écorce du Kevazingo.

Conscients de l’importance de ce patrimoine pour les générations futures, les habitants ont déjà baptisé leur projet de réserve de conservation : Ibola Dja Bana Ba Massaha, ce qui signifie « La réserve de tous les enfants de Massaha » en langue kota.

Un modèle de résilience pour l’Afrique

Bien que le combat de la communauté soit jalonné de défis — l’exploitation forestière a parfois continué malgré les promesses de sanctuarisation du gouvernement —, l’initiative de Massaha est devenue un véritable symbole mondial.

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La Redaction

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