DIG / Depuis son inauguration en novembre 2024, la centrale solaire de Plaine d’Ayémé -construite par le Français Solen pour un coût de 60 milliards de FCFA- a été présentée comme une réponse majeure aux problèmes chroniques d’électricité au Gabon, avec l’ambition d’alimenter jusqu’à 300 000 foyers grâce à une capacité solaire prévue de 30 MW en première phase, puis 120 MW une fois achevée.
Cependant, un an et demi après son lancement, les Gabonais continuent de subir inexplicablement des coupures d’électricité régulières.
Si l’objectif affiché reste séduisant, la réalité de la production interpelle : La totalité de l’électricité produite par cette centrale devait être vendue à la SEEG par le biais d’un contrat d’achat d’électricité à long terme qui a été signé en mars 2022.
Mais, selon une visite ministérielle de juin 2025, la centrale ne produisait qu’environ 7,5 MW réellement disponibles, avec un système de stockage batterie injectant seulement 2 MW par heure dans le réseau.
Ce décalage entre les promesses officielles et le potentiel effectif soulève des questions concrètes : comment prétendre alimenter des centaines de milliers de foyers quand la capacité opérationnelle reste très faible face à une demande qui continue d’excéder l’offre énergétique nationale ?
Impact insignifiant
Malgré un accord sur du long terme avec la SEEG et une première phase déjà active, le ralentissement de l’expansion vers les 30 MW puis les 120 MW initiaux reste palpable.
De plus en 2025, le gouvernement avait mis en avant le projet comme une pièce maîtresse de la stratégie énergétique nationale, mais le pas réel vers un impact significatif demeure fragile, tant l’électricité produite ne suffit pas à compenser les déficits liés aux barrages hydroélectriques ou aux centrales thermiques.
Les délestages persistent, et la centrale solaire, malgré son potentiel, n’a pas encore apporté de solution structurelle à la crise énergétique quotidienne du pays.
Alors que les ambitions nationales visent à porter la part des renouvelables à 80 % d’ici 2030, la situation d’Ayémé pose une question plus large : le solaire gabonais est-il en train de devenir un élément clé du mix énergétique ou un symbole dont l’impact réel reste limité ?
La réponse dépendra de la capacité à accélérer les extensions, optimiser la production et intégrer ces mégawatts solaires à un réseau encore fragile.



