Démolitions des 3 Quartiers : Le site a t-il été cédé à des hommes d’affaires libanais ?

DIG / Alors que la poussière retombe à peine sur les gravats des cités historiques des 3 Quartiers et des 90 Logements, dont les démolitions ont démarré le 16 mars 2026 sous la supervision de la Direction Générale du Patrimoine de l’État (DGPE), les regards se tournent déjà vers l’avenir : que va devenir ce foncier hautement stratégique situé en plein cœur de Libreville ?

Maintenant que l’évacuation des anciens occupants est achevée et que l’épicentre du site est en passe d’être rasé, l’État entend bien reprendre la main sur ce terrain de premier choix.

L’objectif des autorités est clair : éradiquer définitivement cette poche d’habitat insalubre et d’insécurité pour l’inscrire dans le vaste plan de modernisation de la capitale.

Bien que les maquettes finales n’aient pas encore été dévoilées, voici les grands axes du projet de réhabilitation porté par l’administration :

Ce qui va être érigé

-Un complexe urbain de haut standing : les bâtiments vétustes des années 70 laisseront place à un nouveau pôle immobilier moderne. L’ambition est d’y ériger des résidences de haut standing, redessinant ainsi la façade urbaine et l’attractivité de ce quartier central.

Des équipements publics intégrés : au-delà du simple parc immobilier, le site viabilisé accueillera des infrastructures et des équipements publics fonctionnels, pensés pour fluidifier et moderniser le cadre de vie autour de la zone.

Le choix du Partenariat Public-Privé (PPP)

Pour financer cette mue ambitieuse, l’État privilégie des alliances stratégiques avec des investisseurs privés. Ces partenaires seront, dit-on, impliqués dans la conception et la gestion future des espaces.

Selon des rumeurs bien ancrés chez les anciens occupants, le site aurait été cédé à des investisseurs libanais, lesquels possèdent déjà la quasi-totalité de la devanture et  de l’autre façade regroupant « Chez Paul », le « Mum », « Marina Market »… et bien d’autres commerces annexes nouvelles implantés.

Démenti formel 

Face à cette folle rumeur, la DGPE a tenu à clarifier la situation foncière des 3 quartiers, balayant d’un revers de la main les rumeurs persistantes sur les réseaux sociaux.

Le terrain n’a fait l’objet d’aucune vente occulte à des expatriés, notamment des hommes d’affaires Libanais, affirme un responsable.

Il demeure, soutient-il, la propriété de l’État et sera exploité dans l’intérêt du renouveau urbain.

L’enjeu de l’après-projet

Si cette reconquête foncière permet de résoudre un lourd problème de salubrité publique et de délinquance nocturne qui gangrenait le quartier, la vitrine de ce « Libreville de demain » s’accompagne d’une réalité sociale complexe.

Le véritable défi, en marge de ces futures fondations de béton, sera de démontrer que la capitale peut opérer sa mue architecturale sans ignorer la situation des familles poussées vers la périphérie par les bulldozers.

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La Redaction

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