DIG / Pour l’ancien ministre gabonais du Budget, Jean-Fidèle Otandault, le débat sur le surendettement de l’Afrique est mal posé.
Dans une interview parue dans Jeune Afrique, le 4 février 2026, il souligne que le véritable danger n’est pas la quantité d’argent empruntée, mais les conditions financières asphyxiantes imposées au continent.
Alors que de nombreuses institutions s’inquiètent du ratio dette/PIB des États africains, Jean-Fidèle Otandault apporte un éclairage différent : le volume de la dette africaine reste, en proportion, bien inférieur à celui de nombreuses économies développées.
Le problème réside ailleurs : dans le coût du service de la dette.
Les pays africains empruntent à des taux d’intérêt nettement plus élevés que le reste du monde, souvent en raison d’une perception du risque jugée excessive par les agences de notation et les marchés internationaux.
Les points clés de son analyse :
-Le fardeau des intérêts : Ce ne sont pas les investissements qui ruinent les budgets, mais les intérêts cumulés qui captent une part trop importante des recettes fiscales, au détriment de l’éducation, de la santé et des infrastructures.
-La souveraineté financière : Pour sortir de cette spirale, l’expert préconise une réforme du système financier international et une meilleure évaluation du risque africain, qui ne reflète pas toujours la réalité des réformes entreprises.
-L’urgence d’une alternative : Il appelle les économies africaines à explorer des mécanismes de financement plus innovants et moins punitifs, afin que l’emprunt redevienne un levier de croissance et non un frein au développement.
En conclusion, Jean-Fidèle Otandault martèle que tant que le coût de l’argent sera prohibitif pour l’Afrique, le développement du continent sera entravé par une « double peine » financière.
Il invite les dirigeants africains et les partenaires internationaux à se concentrer sur la soutenabilité réelle et la baisse des taux plutôt que sur la simple réduction des volumes d’emprunt.



