Dette publique : Le Gabon, premier pays à risque de la zone Cemac ?

DIG / Avec 30,5 % de l’encours total des titres publics émis sur le marché sous-régional, le Gabon est devenu, en 2025, le premier contributeur à la fragilité financière de la zone Cemac, devant le Congo (29,5 %) et le Cameroun (19,4 %).

En valeur absolue, son encours a progressé de 75 % en un an, selon les données de la Banque des États de l’Afrique centrale.

Un bond qui place Libreville au cœur des inquiétudes des techniciens du Fonds monétaire international, alors que le stock total des titres du Trésor dans la zone a triplé depuis 2020 pour atteindre 9 400 milliards de francs CFA.

Cette explosion de l’endettement local s’inscrit dans un mouvement régional plus large. Faute d’accès aisé aux marchés internationaux, les États de la Cemac se sont massivement tournés vers les banques commerciales locales pour financer leurs déficits.

Ces établissements logent désormais 32 % de leurs actifs en titres publics, contre 10 % en 2015.

Pour le Gabon, première signature de la zone, une dégradation de sa capacité de remboursement exposerait directement le système bancaire national à une crise systémique.

La transition prise en défaut

Le gouvernement de transition avait pourtant annoncé vouloir assainir les finances publiques héritées de l’ère Bongo.

Or, les chiffres racontent une histoire différente : les déficits persistent, l’endettement s’accélère et le Gabon pèse désormais plus lourd que ses voisins dans les déséquilibres régionaux.

L’opération de reprofilage de dette menée en mars 2025, jugée coûteuse par Bretton Woods, illustre les difficultés réelles à tenir une trajectoire budgétaire crédible.

Un programme avec le FMI comme seule issue

À l’heure où Libreville s’apprête à négocier un programme formel avec le FMI, cette position de premier débiteur régional est un handicap autant qu’un signal d’alarme.

La crédibilité des nouvelles autorités et avec elle l’accès aux financements multilatéraux est désormais directement suspendue à sa capacité à démontrer une discipline budgétaire réelle, et non seulement annoncée.

 

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La Redaction

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