Discussions avec le FMI : Thierry Minko déjà contraint à une loi de finances rectificative ?

DIG / Comme nous l’écrivions, la nomination de Thierry Minko au poste de ministre de l’Economie obéissait à une nouvelle feuille de route :

Réparer les dégâts d’une Loi de Finances 2026 plébiscitée par le parlement-bien que jugée « irréaliste » par les bailleurs de fonds- et rétablir le fil du dialogue avec Washington, rompu sous l’ère Oyima.

Pour avoir supervisé le dernier programme suspendu il y a deux ans, Thierry Minko connaît, dit-on, les lignes rouges de l’institution de Bretton Woods.

Selon un consultant proche du dossier, le nouveau ministre n’aura d’autre choix que de revoir la copie budgétaire actuelle  et remettre à plat toutes les projections et hypothèses macroéconomiques contenues dans la loi de finances 2026.

« Il est probable qu’une éventuelle relance des discussions avec le FMI se traduise par une loi de Finances rectificative assez rapidement afin de sortir des engagements et hypothèses irréalistes et de revenir à une forme d’orthodoxie des finances publiques », analyse cet expert cité par Jeune Afrique.

Sortir de l’« illusion » budgétaire

L’héritage est lourd. Le budget, bien que raboté par l’Assemblée nationale à 6 358,2 milliards de FCFA, affiche un déficit projeté à 15 % du PIB.

Une dérive sanctionnée le 19 décembre 2026 par l’agence de notation américaine Fitch, qui a dégradé la note du Gabon de CCC à CCC-.

Le point d’achoppement reste la mobilisation des ressources.

Là où l’ancien ministre d’Etat Henri-Claude Oyima misait sur une autonomie financière et la dette sous-régionale — au point de boycotter les dernières assemblées du FMI —, la réalité des chiffres est implacable.

« Le montant de 1 200 milliards de francs CFA à mobiliser, essentiellement en dettes supplémentaires, est simplement illusoire par rapport aux chiffres des lois de Finances de 2024 et 2025 alors même que l’exécution budgétaire de l’année écoulée est très faible, faute de capacité de mobilisation de ressources en dette », tranche le consultant.

Pour Thierry Minko, le retour à l’orthodoxie n’est donc plus une option, mais un impératif de survie financière.

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La Redaction

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