Électricité : Les promesses de la future centrale d’Inouba face à l’épreuve des chiffres

DIG / Le projet de la centrale hydroélectrique d’Irouba, développé par Hydroneo avec l’appui financier de la Société financière internationale (IFC), membre du Groupe de la Banque mondiale, suscite un enthousiasme que les chiffres invitent pourtant à relativiser.

Présenté comme une rupture historique avec la dépendance aux centrales thermiques d’appoint, le projet ne portera à terme que sur 25 MW de capacité installée.

Une puissance réelle, mais modeste au regard des besoins énergétiques nationaux, qui se chiffrent en centaines de mégawatts pour alimenter un pays en quête d’industrialisation.

Limite

Le discours officiel positionne Irouba comme la réponse souveraine à la centrale flottante de Karpowership, amarrée au large de Libreville et symbole coûteux de la dépendance gabonaise aux énergies fossiles importées.

Mais cette opposition narrative occulte une réalité arithmétique simple : 25 MW ne sauraient remplacer, même partiellement, une solution d’appoint qui couvre une partie significative de l’alimentation de la capitale.

Le projet d’Irouba cible d’abord le Sud du pays, ce qui est utile et légitime, mais ne résout pas la crise électrique de Libreville.

La caution de l’IFC

Plus préoccupant encore, le registre de la rupture appliqué à l’hydroélectrique gabonais n’est pas nouveau.

Les barrages de Kinguélé Aval et de Ngoulmendjim, respectivement annoncés à 35 MW et 82 MW, sont présentés depuis plusieurs années comme étant « en phase avancée », sans qu’une mise en service effective ait été actée.

Ce cycle de promesses récurrentes sans livraison vérifiable a progressivement érodé la crédibilité des annonces sectorielles, y compris auprès des partenaires techniques et financiers.

L’implication de l’IFC apporte indéniablement une caution sérieuse au projet d’Irouba, tant sur le plan financier qu’environnemental.

L’institution impose des standards rigoureux à ses bénéficiaires, ce qui constitue une garantie réelle contre les dérives habituelles des grands chantiers publics africains.

Reste que la présence d’un financier de rang mondial ne suffit pas à compenser l’absence d’un calendrier de livraison précis et contraignant, ni à garantir la capacité opérationnelle du maître d’ouvrage sur la durée.

 

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La Redaction

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