DIG / À l’Assemblée nationale, le ministre de l’Économie et des Finances, Thierry Minko, a défendu, le 4 avril 2026, devant la Commission des finances un projet de loi stratégique visant à encadrer le crédit, dans un contexte marqué par une fragilisation du secteur.
Ce texte intervient alors que les impayés cumulés avoisinent les 250 milliards de francs CFA, révélant les déséquilibres persistants entre offre et accès au financement.
L’objectif affiché est de renforcer la transparence du côté des emprunteurs, tout en imposant aux banques et établissements de microfinance d’adapter leurs offres à la capacité réelle de remboursement des clients.
Réserves et critiques
Cependant, au sein de l’hémicycle, les réserves n’ont pas tardé à émerger.
Plusieurs députés redoutent un déséquilibre au profit des créanciers, estimant que le dispositif pourrait durcir davantage l’accès au crédit pour des populations déjà vulnérables.
Ils dénoncent notamment des exigences administratives jugées lourdes et potentiellement excluantes, susceptibles de renforcer l’exclusion financière plutôt que de la réduire.
Face à ces critiques, le ministre a tenté de rassurer, évoquant la possibilité d’ajustements au cours du processus législatif.
Il a insisté sur la nécessité de sécuriser un secteur clé pour l’économie, rappelant que la réforme vise à instaurer un équilibre entre protection des consommateurs et viabilité des institutions financières.
Au-delà des débats techniques, ce projet de loi met en lumière l’enjeu de l’accès équitable au financement dans un environnement économique contraint, où la régulation du crédit apparaît désormais comme un levier central de stabilité et de croissance.


