DIG / Alors qu’une vaste enquête internationale Fueling Ecocide, publiée le 14 janvier 2026, par Mediapart et ses partenaires révèle que plus de 7 000 aires protégées à travers le monde sont désormais « livrées en pâture » aux compagnies pétrolières et gazières, le Gabon ne ferait pas exception à cette ruée vers l’or noir au détriment de la nature.
Si le Gabon se vante sur la scène internationale de protéger 30% de son territoire, la réalité économique le rattrape, souligne le rapport.
Confronté à une croissance ralentie (2,3% en 2023) et à une baisse des revenus pétroliers, Libreville a fait le choix d’une relance agressive de l’exploration.
Cette stratégie, matérialisée par la signature de nouveaux contrats fin 2025 et une campagne de promotion pour l’offshore profond (« Ouvert aux affaires »), accentue la pression sur les écosystèmes fragiles du Bassin du Congo, poumon vert de la planète.
Le paradoxe de Gamba
L’enquête met en lumière une contradiction majeure : des zones vitales pour la biodiversité cohabitent désormais avec des infrastructures extractives.
C’est le cas emblématique du complexe d’aires protégées de Gamba, où l’activité pétrolière finance paradoxalement certains programmes de conservation via la RSE, créant une dépendance malsaine entre la survie des parcs et les revenus de l’énergie fossile.
En somme, l’enquête Fueling Ecocide agit comme un rappel brutal : malgré ses discours écologiques, le Gabon reste une économie de rente où la protection des parcs nationaux pèse parfois peu face à l’impératif des pétrodollars.



