Fegafoot : Légalité contestée, légitimité fragilisée, l’analyse froide de Jean Frédéric Ndong Ondo

DIG/ Le débat autour de la gouvernance de la FEGAFOOT s’intensifie après un article de TV+ perçu comme un soutien à l’actuel président.

Une prise de position qui a provoqué une réponse critique, notamment de Jean Frédéric Ndong Ondo, haut cadre de l’administration gabonaise, relançant la question essentielle : Une élection conforme aux textes suffit-elle à garantir une véritable légitimité ?*

« Une élection peut être conforme aux statuts tout en étant moralement ou démocratiquement contestable.

Si les « membres » (ligues, clubs) valident une candidature contre l’avis massif de l’opinion publique, cela s’appelle une crise de représentativité.

Une institution qui s’isole dans ses textes sans écouter la base (les supporters, le peuple) finit par s’effondrer »,indique t-il d’emblée.

Fracture

Selon lui, lorsque les instances électives valident une candidature en décalage avec une opinion publique largement critique, c’est une crise de représentativité qui se profile. À trop se réfugier derrière des textes “froids”, l’institution donne le sentiment de se couper de sa base.

Cette fracture est accentuée par la manière dont les critiques sont perçues.

Réduire les voix discordantes à un simple “bruit des claviers” est interprété comme un mépris des supporters.

Or, le football ne se limite pas aux dirigeants : il vit grâce aux fans, aux passionnés et à tous ceux qui le font exister au quotidien. Ignorer cette réalité revient à fragiliser davantage la légitimité des décisions prises.

« Le football n’appartient pas qu’à ceux qui ont un tampon ou une signature à la FEGAFOOT. Il appartient à ceux qui achètent les billets, qui vibrent pour les Panthères et qui font vivre l’économie du sport.

Traiter le débat public de « bruit » est une preuve d’arrogance institutionnelle. Dans n’importe quelle grande démocratie sportive, l’opinion des fans est un indicateur de performance », lâche t-il.

Procédure de désignation

Le système électoral lui-même est pointé du doigt. En laissant uniquement les présidents de ligues et de clubs décider, certains dénoncent un fonctionnement en vase clos, propice au clientélisme.

Dans un contexte de dépendance financière vis-à-vis de la Fédération, la liberté de choix interroge, et le renouvellement apparaît difficile, voire impossible.

« C’est précisément là que le bât blesse. Ce système de cooptation favorise le clientélisme. Si ce sont les mêmes acteurs, souvent dépendants des subventions de la Fédération, qui valident les candidatures, le renouvellement est impossible.

Le « choix assumé » dont parle l’article ressemble plus à un verrouillage électoral qu’à un élan démocratique », assène t-il.

Bilan sportif

Enfin, l’absence de bilan sportif clair renforce les critiques.

Derrière les arguments juridiques, peu d’éléments sont avancés sur les performances réelles : état du championnat, vitalité des clubs, résultats des sélections.

Car au-delà des textes, le football se juge sur le terrain. Et pour beaucoup, le véritable danger n’est pas le “bruit” des critiques, mais bien le silence progressif d’un public qui se détourne.

« On ne gagne pas des matchs avec des statuts juridiques. Où en est le championnat national ? Quelle est la santé de nos clubs locaux ? La « vérité qui ne fait pas de bruit, c’est surtout le silence des stades vides et l’absence de trophées.

Se réfugier derrière les textes est l’argument ultime de ceux qui n’ont plus de résultats à présenter », fait-il remarquer.

 

 

 

 

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La Redaction

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