DIG / La page se tourne définitivement pour le CK2 du centre-ville : le magasin emblématique du groupe Ceca-Gadis baissera le rideau ce 31 janvier 2026.
Cette fermeture n’est pas un coup de tête, mais une décision rationnelle dictée par la métamorphose de la capitale.
Le centre-ville de Libreville a perdu sa vocation commerciale pour devenir une citadelle administrative (présidence, ministères).
Le diagnostic est sans appel : dès 15h30, heure de la fin du service administratif, le quartier se vide.
La clientèle résidentielle a disparu, asséchant le chiffre d’affaires du magasin. Pour Ceca-Gadis, maintenir une telle structure dans une « zone morte » en après-midi était devenu un non-sens financier.
Le plan « Excellence » : Reculer pour mieux sauter ?
La direction inscrit cette fermeture dans son plan stratégique « Excellence 2024-2027 ».
L’objectif n’est pas de réduire la voilure, mais de redéployer les actifs vers des zones plus porteuses. Un nouveau site, situé à environ cinq kilomètres, est déjà évoqué pour capter les flux là où ils se trouvent réellement : dans les zones d’habitation.
Cependant, si la logique économique se défend, la méthode sociale est, elle, vivement critiquée.
Selon Biba 241, le fossé se creuse entre la direction et la base. À quelques jours de l’échéance, les employés dénoncent un silence radio anxiogène. Aucune communication claire n’a été faite sur leur sort :
-Le transfert vers le nouveau site (à 5km) est-il automatique pour tous ?
-Des plans de départs volontaires ou des licenciements sont-ils à l’étude ?
-Les agents seront-ils répartis dans les autres enseignes du groupe (Gaboprix, Intergros) ?
Ceca-Gadis réussit peut-être sa mutation économique en quittant un centre-ville sinistré commercialement, mais l’enseigne joue sa réputation sur sa capacité à ne pas laisser ses « soldats » du CK2 sur le carreau.



