DIG / Selon une étude menée autour de la réserve d’Ipassa (Makokou), la faune sauvage représente pas moins de 53,1 % de la viande consommée chaque année par les ménages locaux.
Face à l’ampleur de cette filière jusqu’ici majoritairement informelle, le gouvernement gabonais a lancé, en avril 2026, une réforme ambitieuse.
Légaliser et encadrer la chasse
L’initiative vise à concilier trois enjeux majeurs : la sécurité alimentaire, le développement économique et la protection de la biodiversité.
Le Ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Allogo, a détaillé la stratégie des autorités : Il s’agit désormais de régulariser les chasseurs en leur délivrant conjointement un permis de port d’armes (en collaboration avec le ministère de l’Intérieur) et un permis de chasse.
La modernisation de la filière s’appuiera notamment sur des permis numérisés et l’instauration de contrôles sanitaires renforcés.
Un projet pilote est d’ailleurs en préparation à Koulamoutou, où les chasseurs agréés devront déposer leurs prises dans des points de vente officiels garantissant de bonnes conditions de conservation.
Des indicateurs encourageants pour la biodiversité
Cette structuration légale intervient dans un climat environnemental rassurant : la lutte contre le braconnage porte ses fruits.
Les chiffres indiquent que le déclin de la faune sauvage s’est drastiquement ralenti, passant d’une baisse de 7 % par an sur la période 2002-2011, à seulement 0,7 % entre 2016 et 2023.
Avec ce nouveau cadre légal, le Gabon espère pérenniser ses ressources tout en soutenant l’économie rurale.



