DIG/ La crise énergétique persistante dans le Grand Libreville demeure marquée par des délestages rotatifs d’une durée moyenne de deux heures par jour, mis en œuvre par la SEEG.
Cette mesure;, dite de dernier recours, résulte, indique l’entreprise, d’un déséquilibre structurel entre une demande en électricité en constante progression, estimée à près de 5 % par an, et une offre devenue insuffisante pour couvrir les besoins des ménages et des activités économiques.
Cette situation trouve principalement son origine dans la vétusté des infrastructures, l’insuffisance des investissements consacrés au renouvellement des équipements et le retard accumulé dans le renforcement des capacités de production et de transport d’énergie.
La pression exercée sur le réseau interconnecté de Libreville a progressivement fragilisé l’ensemble du système, rendant inévitables les mesures de régulation actuelles.
Un plan d’urgence triennal pour un redressement progressif
Afin d’apporter une réponse structurée et durable à cette crise, la SEEG vient d’annoncer le déploiement d’ un plan d’urgence triennal couvrant la période 2025-2028.
Ce programme d’investissement ambitieux vise à améliorer de manière significative et durable la qualité de la fourniture d’électricité, à travers la réhabilitation des installations existantes et le renforcement des capacités de production et de transit.
Parmi les actions prioritaires figure :
- La réparation des défauts enregistrés sur le câble souterrain 90 kV reliant le poste de répartition de Bisségué au poste source d’Ambowè ; La remise en service de cette infrastructure stratégique poursuit un double objectif : d’une part, soulager la ligne aérienne 90 kV actuellement exploitée au-delà de ses capacités en raison de l’indisponibilité du câble souterrain ; d’autre part, rétablir un schéma normal d’alimentation électrique dans la zone d’Akanda et réduire significativement les délestages observés.
Modernisation du transport et renforcement de la production
À Libreville, la SEEG indique avoir engagé également l’optimisation de ses moyens de transport d’énergie à travers l’installation d’un câble aérien de technologie Aluminium Conductor Composite Core (ACCC).
Cette solution de nouvelle génération permettra d’acheminer de manière plus fiable et permanente environ 160 MW issus de la centrale thermique d’Owendo vers le poste de répartition de Bisségué, tout en limitant les pertes techniques et en augmentant la capacité de transit du réseau.
Techniquement plus stable, résistant à la corrosion et nettement plus performant que les conducteurs conventionnels, le câble ACCC constitue une réponse adaptée à la forte croissance de la demande, tant domestique qu’industrielle dans le Grand Libreville.
En parallèle, le renouvellement du parc thermique de la centrale d’Owendo représente un autre axe majeur du plan d’investissement.
L’acquisition et l’installation imminente de nouvelles turbines à gaz permettront d’injecter une puissance additionnelle garantie à 100 MW, renforçant ainsi de manière significative la capacité de la production disponible.
Un objectif clair : sécuriser et restaurer la confiance
À travers l’ensemble de ces investissements structurants, la SEEG dit poursuivre un objectif prioritaire : sécuriser durablement le Réseau Interconnecté de Libreville, garantir la continuité du service public de l’électricité et restaurer la confiance des usagers.
Le plan triennal 2025-2028 constitue ainsi un tournant stratégique. Il marque le passage d’une gestion de crise à une dynamique de redressement progressif, fondée sur la modernisation des infrastructures, l’augmentation des capacités et l’amélioration continue de la qualité de service.



