Fin des délestages : Le gouvernement veut multiplier les centrales thermiques à gaz naturel

DIG / Face à l’impasse des délestages récurrents qui freinent l’économie nationale, le gouvernement veut opérer un tournant stratégique majeur.

En misant sur la construction de centrales thermiques alimentées par le gaz local, comme à Mayumba dans le sud du Gabon, le pays ne cherche plus seulement à exporter sa ressource brute, mais à transformer sa richesse souterraine en électricité pour tous.

Le « Gas-to-Power » : Une réponse au stress énergétique ?

Le diagnostic est connu : le réseau électrique gabonais, saturé par une urbanisation galopante et une industrie en pleine croissance, est à bout de souffle.

L’hydroélectricité, bien que propre, reste soumise aux aléas climatiques (étiages), tandis que les centrales au fioul pèsent lourdement sur les finances publiques.

« Grâce aux réserves de gaz disponibles, nous pouvons construire des centrales thermiques capables de produire plusieurs centaines de mégawatts », a confié le ministre des Mines, Sosthène Nguema Nguema, sur Gabon 24.

Si elle se concrétisait, cette annonce marquerait une rupture pragmatique. L’objectif est d’exploiter les réserves gazières domestiques — souvent brûlées ou sous-utilisées — pour produire « plusieurs centaines de mégawatts ».

Le 25 janvier 2026, l’État gabonais a officiellement réceptionné la première phase de la centrale thermique à gaz de Mayumba (8,5 MW) d’un coût de 17,8 milliards de FCFA.

Au cœur de ce projet stratégique : Perenco Oil & Gas Gabon, qui transforme le gaz de ses champs pétroliers en électricité pour les ménages.

Un levier de compétitivité industrielle

Au-delà du confort des ménages, l’enjeu est avant tout économique. Une énergie stable et moins coûteuse est le prérequis indispensable pour :

-Attirer les investisseurs : Les grands projets miniers (comme Belinga) et les zones de transformation ne peuvent prospérer avec une énergie intermittente.

-Réduire les coûts de production : En substituant le gaz importé ou le fioul par une ressource locale, le coût du kilowattheure pourrait être stabilisé, voire réduit.

-Créer de l’emploi : La construction et la maintenance de ces infrastructures constituent un nouveau bassin d’emplois techniques locaux.

Défis techniques et souveraineté

Si la stratégie est séduisante, le succès repose sur deux piliers : la vitesse d’exécution des infrastructures et la modernisation du réseau de transport.

Produire de l’électricité est une étape ; l’acheminer sans perte (rappelons que 60% de l’eau est perdue dans les fuites, le réseau électrique souffre de maux similaires) en est une autre.

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La Redaction

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