DIG / Pour diversifier ses sources de financement et réduire sa dépendance aux bailleurs traditionnels, le gouvernement mise sur un levier inédit : l’épargne de ses citoyens vivant à l’étranger.
Selon Jeune Afrique, le Projet de fonds d’investissement de la diaspora gabonaise 360 (Profidga 360) se présentera comme un outil de souveraineté financière au service du Plan National de Développement pour la Transition (PNDT 2024-2026), une initiative stratégique élaborée pour poser les bases d’une transformation économique, sociale et environnementale durable au Gabon.
À l’occasion de la venue à Paris de la ministre gabonaise de la Planification, Louise Pierrette Mvono, pour présenter son Plan national de croissance et développement (PNCD), Profidga 360, invitera officiellement la représentante du gouvernement au lancement de la présentation de ce Fonds prévu le 28 mars 2026 à Paris.
Objectifs
Selon notre confrère, l’objectif est, d’ici un à deux ans, de convertir ce fonds en une véritable société de gestion et d’intermédiation (SGI) enregistrée dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), ce qui constituerait une première pour ce type de financement.
Pour cela, Profidga 360, qui pilote le projet, doit recueillir au moins 300 millions de francs CFA.
Soutenu par BGFIBourse, la société est menée par son président, Harold Ndong Mezui, fondateur de la marque de streetwear Champ de Mars Brand, et son administrateur général, Régis Eya’a.
Les chiffres et enjeux clés
-Réduction de la dette : l’objectif est de capter une partie des flux financiers de la diaspora pour racheter ou refinancer la dette publique, qui pèse lourdement sur le budget de l’État.
-70,5 % du PIB : c’est le niveau estimé de la dette publique gabonaise en 2023. Le fonds vise à ramener ce ratio vers des seuils plus soutenables.
-Investissement productif : au-delà de la dette, les fonds mobilisés devraient financer des projets d’infrastructure prioritaires (écoles, routes, santé).
-Attractivité : pour séduire les investisseurs de la diaspora, le fonds prévoit des rendements compétitifs par rapport aux placements classiques en Europe ou en Amérique du Nord.
Pourquoi solliciter la diaspora maintenant ?
Le Gabon souhaite s’inspirer de modèles réussis (comme au Maroc ou en Éthiopie) pour transformer les transferts de fonds — souvent destinés à la consommation familiale — en investissements productifs.
Cette stratégie présente trois avantages majeurs :
-Souveraineté : moins dépendre des conditions de marché internationales ou des banques locales déjà très exposées.
-Stabilité : l’épargne de la diaspora est jugée plus « patriotique » et moins volatile que les capitaux institutionnels étrangers.
-Inclusion : permettre aux Gabonais de l’extérieur de devenir des acteurs directs du développement du pays.



