DIG / Alors que Libreville navigue en eaux troubles avec sa dette souveraine, l’Angola vient de démontrer qu’il existe des alternatives aux marchés classiques.
Luanda a sécurisé cette semaine 1,5 milliard de dollars (845 milliards de FCFA) via une opération complexe avec la banque américaine JPMorgan.
Dans un contexte où le Gabon voit sa note dégradée par Fitch Ratings et son accès aux marchés financiers traditionnels (Eurobonds) rendu coûteux, la stratégie de son voisin angolais mérite une attention particulière du ministère de l’Économie.
L’Angola n’a pas emprunté cet argent par la voie classique. Luanda a utilisé un Total Return Swap, un accord « hors écran » qui lui permet d’obtenir du cash en mettant en gage ses propres obligations souveraines auprès de la banque JPMorgan, sans les vendre directement sur le marché.
L’avantage pour un pays pétrolier comme le Gabon serait double :
– La discrétion : L’opération ne perturbe pas le cours de la dette publique sur les marchés internationaux.
– Le coût : L’Angola a négocié un taux inférieur à 8 %, un niveau bien plus attractif que ce que le Gabon obtiendrait aujourd’hui avec sa notation « CC ».
Une bouffée d’oxygène, mais à quel prix ?
Si ce mécanisme permet de contourner la méfiance des investisseurs, il comporte un risque majeur que le Trésor gabonais devrait anticiper : les « appels de marge ».
En cas de chute de la valeur des obligations gabonaises (comme ce fut le cas pour l’Angola en avril dernier), la banque peut exiger un remboursement immédiat d’une partie du cash pour couvrir le risque.
Pour le Gabon, dont la trésorerie est déjà tendue par le paiement des salaires et les chantiers en cours, ce type de montage offre une opportunité de financement rapide sans passer par les fourches caudines du FMI, à condition d’avoir les reins assez solides pour supporter la volatilité des marchés.



