DIG / C’est la fin de l’ « invisibilité fiscale » pour les géants du web au Cameroun : depuis le 1er janvier 2026, la Direction Générale des Impôts (DGI) a activé un dispositif inédit visant à capter une partie des revenus générés par les multinationales du numérique (GAFAM et plateformes de streaming) sur le sol camerounais.
Une mesure fiscale dont pourrait bien s’inspirer le Gabon.
Jusqu’à présent, ces entreprises échappaient à l’impôt faute de présence physique (bureaux) dans le pays.
La Loi de Finances 2026 change la donne en introduisant la notion de « présence économique significative ». Désormais, toute plateforme étrangère remplissant l’un des critères suivants est assujettie :
-Avoir au moins 1 000 utilisateurs actifs au Cameroun.
-Ou réaliser un chiffre d’affaires annuel supérieur à 50 millions de FCFA.
Ces entités doivent s’acquitter d’un acompte d’Impôt sur les Sociétés (IS) fixé à 3% de leur chiffre d’affaires local. Si leurs bénéfices sont clairement établis, elles basculent vers le régime de droit commun (30% de l’IS).
Pourquoi cette réforme ?
L’objectif est triple pour l’État camerounais :
-Justice fiscale : Rétablir l’équité avec les entreprises locales qui paient déjà leurs impôts.
-Recettes : Le ministère des Finances espère collecter environ 5 milliards de FCFA par an grâce à cette niche.
-Souveraineté : Capter la valeur créée par les consommateurs camerounais sur des services comme la publicité en ligne ou les abonnements streaming.
Quel impact pour le consommateur ?
Pour faciliter la collecte, la DGI a mis en place une plateforme numérique simplifiée permettant à ces géants de s’enregistrer et de payer à distance.
Cependant, le risque principal reste que ces multinationales répercutent cette nouvelle charge fiscale sur le prix final des abonnements (Netflix, Spotify) ou des services publicitaires (Facebook/TikTok Ads) payés par les Camerounais.



