Fonction publique : Nouvelle traque annoncée contre 1756 agents fantômes, un vieux serpent de mer au Gabon

DIG/ Le ton se durcit au sommet de l’État.

Le gouvernement gabonais a annoncé, le mercredi 4 mars 2026, le lancement d’une vaste offensive contre les agents publics en situation d’abandon de poste.

Selon les autorités, pas moins de 1 756 fonctionnaires continueraient de percevoir un salaire sans exercer leurs fonctions, provoquant une hémorragie financière estimée à plus de 8,181 milliards de francs CFA pour les caisses publiques.

Poursuites judiciaires

Face à cette situation jugée intenable, l’exécutif promet une réponse ferme.

Le vice-président du gouvernement Hermann Immongault a averti que les personnes identifiées dans le cadre de l’audit en cours devront répondre de leurs actes devant la justice.

« Tous ceux qui seront épinglés dans le cadre de cet audit auront à rendre compte devant la justice », a-t-il prévenu, annonçant une série de poursuites contre les fraudeurs.

Arlésienne

Pourtant, cette nouvelle offensive s’inscrit dans une longue série d’annonces similaires.

Entre octobre et novembre 2024, sous l’autorité du Premier ministre de la Transition Raymond Ndong Sima, un recensement administratif avait déjà révélé l’ampleur du phénomène.

Les estimations évoquaient alors près de 13 000 fonctionnaires “fantômes” dans l’administration gabonaise.

Selon un rapport des Comptes publics, l’assainissement de la masse salariale pouvait permettre de récupérer environ 8 milliards de francs CFA.

Plus tôt encore, en 2018, sous la pression du Fonds monétaire international (FMI) qui exigeait une réduction de la masse salariale, les autorités avaient lancé une opération de contrôle des effectifs à travers le système de mise sous bons de caisse, d’abord expérimenté dans la province de l’Estuaire.

Traque sans résultat

À l’époque, les premiers résultats n’avaient révélé que 5,71 % d’agents potentiellement fictifs, un chiffre immédiatement contesté par le ministre de la Fonction publique d’alors, Ali Akbar Onanga Y’obegué, qui dénonçait des irrégularités dans les opérations de contrôle.

Depuis, les annonces de traque contre les fonctionnaires fantômes se succèdent sans que le problème ne disparaisse réellement.

À chaque audit, les chiffres donnent le vertige et les autorités promettent des sanctions exemplaires. Mais dans les faits, les procédures judiciaires restent rares et les résultats concrets tardent à se matérialiser.

Chantier inachevé

Cette nouvelle campagne relance donc une question récurrente au Gabon : s’agit-il d’un véritable tournant dans la gestion de la Fonction publique ou d’une énième opération d’assainissement sans lendemain ?

Tant que les sanctions promises ne seront pas suivies d’effets visibles, la lutte contre les agents fictifs risque de rester l’un des chantiers les plus emblématiques… et les plus inachevés de l’administration gabonaise.

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La Redaction

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