DIG / C’est un véritable « traitement de choc » que le ministre de l’Énergie a présenté pour sauver la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG).
Entre fraudes organisées, piratage et complicités internes, le tableau dressé est noir : plus de 4 047 branchements directs sont officiellement recensés, causant une perte estimée entre 3 et 5 milliards de FCFA sur les cinq dernières années.
La vérité des chiffres : Port-Gentil et Franceville en tête
Récemment sur Gabon 1ère, le ministre a détaillé la répartition de ces branchements illégaux sur le territoire national, révélant des chiffres qui interpellent par leur ampleur :
-Port-Gentil : 1 389 branchements.
-Franceville : 1 173 branchements.
-Libreville : 663 branchements (un chiffre que le Ministre juge « anormalement bas » et qui fait l’objet d’enquêtes approfondies).
-Moanda : 561 branchements.
-Koula-Moutou : 235 branchements.
Plus surprenant encore, le ministre a cité des zones entières vivant en « branchement direct », notamment 12 localités comme Ebel-Abanga, Kango ou Bakoumba, ainsi que des cités résidentielles à Libreville (Alhambra, Serpentin) totalisant près de 400 logements.
L’impunité terminée, même pour les « intouchables »
Philippe Tonangoye a frappé fort en révélant que ces pratiques n’épargnent personne.
Des casernes militaires (dont la Garde Républicaine sur la route d’Akanda), toutes les casernes de sapeurs-pompiers, ainsi que des personnalités influentes ont été identifiées comme bénéficiant de l’électricité sans payer.
« La vérité que les Gabonais doivent savoir : tout le monde doit payer. Personne n’est au-dessus de la loi », a martelé le ministre.
Le plan d’action : transparence et répression
Pour mettre fin à cette hémorragie financière, le gouvernement déploie une stratégie en deux temps :
-Le sursis citoyen (3 mois) : les usagers victimes de « branchements techniques » (faute de compteurs disponibles à la SEEG) ont 90 jours pour régulariser leur situation. Les noms de ces abonnés seront d’ailleurs publiés dans le quotidien L’Union après concertation avec la commission des données personnelles.
-La force de frappe (les brigades) : pour les cas de fraude avérée et de piratage, des brigades mixtes (agents SEEG, Gendarmerie, Police et Magistrature) ont déjà été constituées pour constater les faits et engager des poursuites judiciaires.
Le message de Philippe Tonangoye est clair : la SEEG ne peut plus supporter de telles pertes. Avec l’arrivée prochaine de nouveaux stocks de compteurs, l’excuse du « manque de matériel » ne tiendra plus.



