DIG/ Le 14 août 2024, la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) révélait publiquement l’existence d’un vaste système de détournement des tickets d’électricité prépayés EDAN.
Lors d’un point de presse à Libreville, la direction de l’entreprise expliquait avoir découvert un système parallèle capable de générer illégalement des tickets, entraînant des pertes financières importantes pour la société.
Deux plaintes contre X pour vol, détournement et cybercriminalité avaient alors été déposées afin d’identifier les responsables.
Fraude et milliards évaporés
Selon les premières investigations, les enquêteurs auraient mis au jour des serveurs pirates installés en dehors du système officiel, permettant de produire des codes EDAN et de les revendre illégalement aux consommateurs. Plusieurs agents de la SEEG auraient été entendus par la Direction générale des recherches (DGR) dans le cadre de l’enquête.
L’affaire avait alors été présentée comme une fraude massive, susceptible d’avoir coûté des milliards de francs CFA à l’entreprise.
Mais près de deux ans après ces révélations, une question demeure : où en est la procédure judiciaire aujourd’hui ?
Enquête sans fin
Malgré l’annonce de plaintes et l’ouverture d’enquêtes, l’opinion publique n’a pas vu émerger de procès retentissant ni de condamnations clairement établies.
Les noms des principaux responsables présumés n’ont jamais été officiellement rendus publics, même si certaines entreprises partenaires et figures du secteur ont été évoquées dans la presse.
Aujourd’hui, l’affaire semble avoir basculé vers une gestion technique et interne du problème.
La SEEG a certainement renforcé la sécurité de ses systèmes informatiques, revu certains partenariats et engagé des audits pour sécuriser la distribution des tickets EDAN. Pourtant, sur le plan judiciaire, les conclusions de l’enquête restent peu visibles, laissant planer un doute sur les responsabilités réelles dans ce scandale financier.
Qui sont les coupables ?
Dès lors, une interrogation persiste dans l’opinion : qui a réellement organisé cette fraude EDAN et pourquoi aucune responsabilité clairement établie n’a-t-elle été rendue publique jusqu’à présent ?
Entre enquêtes discrètes, silence judiciaire et réformes techniques, l’affaire continue d’alimenter les interrogations sur la transparence et la lutte contre la fraude dans un secteur aussi stratégique que l’électricité au Gabon.



