DIG / Alors que le Gabon cherche à diversifier son économie, une donnée alarmante souligne la fragilité de son tissu privé : la quasi-totalité des entreprises ne parvient pas à grandir, selon des données de la Banque Africaine de Développement (BAD).
Des chiffres qui parlent
-95 % : C’est la part écrasante des entreprises gabonaises qui restent au stade de la micro-structure.
-5 % : Seule une infime minorité de sociétés réussit à franchir le seuil de la PME ou de la grande entreprise.
-Secteur informel : La majorité de ces micro-unités opèrent en dehors des cadres réglementaires, limitant leur contribution fiscale et leur protection juridique.
Un moteur de croissance bridé
Cette hyper-concentration de micro-entreprises révèle des obstacles persistants au développement économique :
-L’accès au financement : sans garanties solides, ces structures sont systématiquement écartées du circuit bancaire classique.
-La fragilité structurelle : ces entités reposent souvent sur une seule personne, rendant leur survie précaire en cas de choc économique.
-Le manque de formation : le passage de l’auto-emploi à la gestion d’une véritable structure organisée reste un saut complexe pour la majorité des entrepreneurs.
Pourquoi est-ce un problème ?
Une économie saine repose sur un « mid-market » (entreprises de taille intermédiaire) solide.
Au Gabon, l’absence de ce segment intermédiaire crée un vide entre les géants (souvent dans les secteurs extractifs) et une multitude de petits commerces de subsistance.
L’enjeu est clair : pour que le Gabon atteigne une croissance inclusive, le défi n’est plus seulement de créer des entreprises, mais de permettre à 95 % d’entre elles de sortir de la survie pour entrer dans une phase de véritable expansion.



