Gabon : La hausse des cours du pétrole fait exploser les coût d’extraction du manganèse

DIG / Une récente analyse publiée par Seeking Alpha (« Manganese Mining Costs Amid Global Oil Price Spikes ») met en lumière une dynamique inquiétante pour l’industrie minière : la hausse brutale des cours mondiaux du pétrole fait exploser les coûts opérationnels de l’extraction du manganèse.

Pour le Gabon, deuxième producteur mondial de ce minerai stratégique (notamment via la Comilog, filiale d’Eramet), cette conjoncture énergétique soulève des défis majeurs.

Le carburant, nerf de la guerre minière

L’extraction du manganèse, particulièrement à ciel ouvert comme c’est le cas dans la région de Moanda, est extrêmement énergivore. La flambée du baril de brut se répercute directement sur plusieurs maillons de la chaîne de valeur :

-La machinerie lourde : Les pelleteuses, chargeuses et camions hors route (dumpers) consomment des volumes colossaux de diesel au quotidien.

-La logistique et le transport : L’acheminement du minerai depuis les mines jusqu’au port minéralier d’Owendo via le Transgabonais nécessite un apport en carburant massif, tout comme le fret maritime international.

Une pression sur les marges des opérateurs

Selon l’analyse de Seeking Alpha, l’inflation énergétique comprime sévèrement les marges bénéficiaires des sociétés minières.

Bien que la demande mondiale en manganèse (indispensable à l’industrie sidérurgique et à la fabrication de batteries) reste solide, l’incapacité de répercuter immédiatement la totalité de ces surcoûts sur les acheteurs finaux fragilise les bilans financiers.

Quelles perspectives pour la filière gabonaise ?

Face à cette volatilité des marchés pétroliers, l’industrie minière au Gabon est poussée à accélérer sa transition opérationnelle :

Optimisation énergétique : Rationalisation des flottes de véhicules et amélioration des rendements d’extraction.

Transition vers les énergies propres : L’urgence de substituer le diesel par des sources d’énergie renouvelable (hydroélectricité, solaire) pour alimenter les installations de concassage et les bases-vies devient un impératif autant économique qu’environnemental.

Cette conjoncture mondiale rappelle à quel point la compétitivité du secteur minier gabonais reste intimement liée aux soubresauts du marché des hydrocarbures, forçant les acteurs à repenser leur résilience à long terme.

 

apropos de l auteur

La Redaction

Laisser un commentaire