Gabon : Les grands enjeux économiques de la réforme du code de la nationalité

DIG / La récente réforme du Code de la nationalité, au-delà de son caractère identitaire, marque un tournant radical dans la gestion des ressources du pays.

Le volet économique de cette loi repose sur un principe simple : la priorité nationale.

En durcissant l’accès à la nationalité, l’État gabonais sécurise deux piliers stratégiques :

-Le foncier : La restriction de la propriété foncière pour les non-nationaux vise à stopper la spéculation étrangère et à garantir que les terres arables restent un actif aux mains des Gabonais, pilier de la future souveraineté alimentaire.

-Les secteurs réservés : La loi prépare le terrain pour l’exclusivité de certaines activités (transport, petit commerce, artisanat). L’objectif est de transférer mécaniquement des parts de marché des opérateurs expatriés vers une nouvelle classe moyenne entrepreneuriale locale.

Risques de transition et inflation

Toutefois, ce protectionnisme dirigiste comporte des défis immédiats. Le départ potentiel d’investisseurs ou de commerçants étrangers installés de longue date pourrait créer des vides logistiques.

Si l’offre nationale ne prend pas le relais rapidement avec la même efficacité, le consommateur gabonais pourrait faire face à une hausse des prix et à une baisse de la qualité de service dans certains secteurs de proximité.

Le défi du « Contenu Local »

Pour que cette réforme soit une réussite économique et non une simple barrière administrative, le Gabon doit transformer l’essai par :

-L’accès au crédit : Accompagner financièrement les nationaux pour qu’ils reprennent les entreprises libérées.

-La lutte contre le « prête-nom » : Éviter que des intérêts étrangers ne continuent de capter la rente sous couvert de prête-noms nationaux, ce qui viderait la loi de sa substance.

Le Gabon fait le pari du patriotisme économique. En liant la richesse à la nationalité, le pays cherche à briser la dépendance aux flux extérieurs.

Le succès de cette stratégie dépendra de la capacité des entrepreneurs gabonais à occuper l’espace ainsi sanctuarisé.

 

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La Redaction

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