DIG/ Alors que Washington cherche à sécuriser sa chaîne d’approvisionnement pour la transition énergétique, l’Afrique du Sud émerge comme un partenaire stratégique de premier plan, poussant le Gabon à réinventer son modèle pour conserver sa suprématie.
À ce jour, le Gabon pèse pour environ 60 % des importations américaines de minerai de manganèse.
Ce positionnement exceptionnel est principalement porté par les performances de la mine de Moanda (exploitée par la Comilog, filiale d’Eramet), qui offre un minerai à très haute teneur (autour de 46 %).
L’Afrique du Sud : Une montée en puissance stratégique
Bien que le Gabon domine les exportations directes vers le marché américain, l’Afrique du Sud — qui reste le premier producteur mondial et détient les plus vastes réserves de la planète dans le bassin du Kalahari — affine son offensive.
Pretoria s’impose aujourd’hui non seulement comme un producteur de volume, mais comme un acteur intégré majeur de la chaîne d’approvisionnement américaine en minéraux critiques.
Quels défis pour le Gabon ?
Pour conserver son statut de partenaire privilégié des États-Unis et ne pas se laisser distancer par l’Afrique du Sud sur le segment des minéraux critiques, le Gabon doit s’adapter rapidement.
Les priorités stratégiques de Libreville se redessinent autour de trois axes :
-Accélérer la transformation locale ;
-Sécuriser la compétitivité logistique ;
-Une diplomatie minière proactive.
Dans cette nouvelle géopolitique des métaux, le Gabon dispose d’un avantage géologique historique, mais la pression concurrentielle de l’Afrique du Sud l’oblige à accélérer sa mutation d’un simple pourvoyeur de matières premières vers un hub industriel à forte valeur ajoutée.



