Gabon : Webcor accuse un haut responsable de l’État d’escroquerie dans un contentieux à 65 milliards de FCFA

DIG / Selon des informations publiées par le média en ligne Africa Intelligence dans sa livraison du 5 mars 2026,, l’entreprise française de BTP Webcor a déposé, le 24 février 2026, une plainte pour « escroquerie » et « tentative d’escroquerie » auprès de la procureure de la République à Paris.

La plainte vise Diane Moussounda, directrice générale de l’Agence judiciaire de l’État (AJE), chargée de représenter l’État gabonais dans les litiges avec les acteurs privés.

Au cœur de l’affaire figure un protocole d’accord transactionnel signé le 26 janvier 2024 entre l’AJE et Webcor.

Ce document prévoyait le versement d’un montant de 100 millions d’euros (65 milliards de FCFA) par l’État gabonais et la commune de Libreville à l’entreprise française et à sa filiale Grand Marché de Libreville, en échange de l’abandon d’une procédure judiciaire alors pendante devant la Cour de cassation en France.

Toutefois, après le retrait du pourvoi par Webcor, les autorités gabonaises auraient estimé que Diane Moussounda ne disposait pas de l’autorité nécessaire pour engager l’État dans un tel accord.

Libreville aurait considéré ainsi le protocole comme nul et refuse de verser les indemnités prévues.

Dans sa plainte, l’entreprise française accuse la responsable de l’AJE de s’être contredite sur l’étendue de ses pouvoirs dans une « volonté délibérée de commettre la fraude ».

Origine

Ce litige remonte à 2015, lorsque les autorités gabonaises avaient rompu unilatéralement le contrat portant sur la construction du Grand Marché de Libreville.

En 2018, la Cour d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale de Paris avait condamné l’État gabonais et la commune de Libreville à verser 136 millions d’euros à Webcor, montant porté à 158 millions avec les intérêts.

La décision avait toutefois été annulée en 2021 sur fond d’accusations de corruption, contestées par l’entreprise.

Toujours selon Africa Intelligence, ce dossier rappelle un autre contentieux similaire opposant l’État gabonais à la société Santullo-Sericom.

Un protocole d’accord prévoyant 120 millions d’euros d’indemnités avait également été signé avant d’être remis en cause par Libreville.

Contrairement au cas Webcor, cet accord avait été homologué par la justice française, le rendant juridiquement exécutoire

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La Redaction

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