DIG / Au-delà de la gêne pour les ménages, les délestages qui frappent régulièrement Libreville, Akanda et Owendo représentent un véritable coût pour l’économie gabonaise.
Interruptions de production, équipements exposés, recours aux groupes électrogènes et perturbation des activités commerciales : la fragilité du réseau électrique pèse directement sur la compétitivité des entreprises et l’attractivité économique de la capitale.
Face à cet enjeu, le Gabon engage un renforcement significatif de ses capacités de production, avec 100 MW supplémentaires attendus à Akournam et une montée en puissance du solaire à Ayémé.
100 MW supplémentaires à Akournam
La centrale thermique d’Akournam doit bénéficier d’un renfort majeur avec l’installation de cinq turbines à gaz représentant une puissance cumulée de 100 MW.
Acheminés depuis le port commercial d’Owendo, ces équipements doivent accroître la capacité de production disponible et contribuer à sécuriser l’alimentation du Grand Libreville.
Avant leur mise en service, plusieurs étapes restent toutefois nécessaires, notamment l’installation, le raccordement et les essais techniques.
Ayémé, un investissement stratégique
En parallèle, le Gabon cherche à réduire sa dépendance aux capacités thermiques en accélérant le développement des énergies renouvelables.
Située à environ 30 km de Libreville, la centrale solaire d’Ayémé représente un investissement d’environ 98,7 milliards de FCFA, réalisé dans le cadre d’un partenariat public-privé.
Sa première phase doit fournir 30 MWc, auxquels s’ajoutent 8 MWh de stockage par batteries.
À terme, la centrale vise une capacité de 120 MWc.
L’électricité, un enjeu de compétitivité
L’enjeu dépasse désormais la seule question de l’éclairage des ménages. Pour les entreprises, disposer d’une électricité stable, prévisible et compétitive conditionne la continuité de la production, les coûts d’exploitation et, plus largement, la capacité du Gabon à attirer de nouveaux investissements.
Le renforcement d’Akournam et le développement d’Ayémé constituent ainsi deux réponses complémentaires : augmenter rapidement l’offre disponible tout en diversifiant progressivement le mix énergétique.
La fin des délestages ne pourra toutefois être décrétée qu’une fois les nouvelles capacités effectivement opérationnelles et correctement intégrées au réseau.
Mais derrière l’amélioration attendue de l’alimentation électrique se joue un enjeu plus large : réduire le coût de l’instabilité énergétique pour l’économie gabonaise et restaurer la confiance des entreprises dans le réseau national.



