DIG / C’est un fait indiscutable : Les prix flambent à nouveau dans le Grand Libreville et à l’intérieur du pays.
Un constat qui relance le débat sur la mise en place de la Centrale d’achat du Gabon (CEAG).
En effet, ce « super entrepôt gouvernemental » a pour mission d’acheter, de stocker et de distribuer des denrées alimentaires et autres biens essentiels. Avec à la clef l’exclusivité de la vente d’une cinquantaine de produits.
Avec ce monopole étatique exclusif, le gouvernement espère ainsi stabiliser les prix, protéger le pouvoir d’achat des ménages et rétablir une régulation stricte des importations.
Hormis les communications abondantes de l’ex-ministre d’Etat et la nomination du Directeur général et du PCA de cette structure, on ne sait toujours presque rien sur sa localisation géographique et ses premières actions concrètes telles que définies lors de l’annonce de sa création le 12 août 2025 en Conseil des ministres.
Pour plusieurs observateurs, le départ d’Henri-Claude Oyima marque un tournant potentiellement critique pour la CEAG.
Conçues par l’ex-ministre d’Etat comme des remparts contre la hausse des prix entretenue par certains opérateurs économiques véreux, l’éviction de leur principal promoteur a t-il déjà fragilisé l’édifice ?
Qui portera désormais cette réforme avec la même fermeté ?
Politiquement sensibles, les centrales d’achat bousculent des réseaux d’influence et des circuits de passation de marchés historiquement ancrés dans l’économie locale.
Le nouveau ministre de l’Économie, Thierry Minko, reçoit un héritage à double tranchant. Pour pérenniser l’outil, il devra :
-Rassurer les institutions internationales (Banque mondiale, BAD) qui voient dans ces centrales un levier anti-corruption essentiel.
-Garantir l’efficacité opérationnelle afin d’éviter que ces structures ne s’enlisent dans une bureaucratie stérile.
L’avenir des centrales d’achat dépendra désormais moins de leur pertinence technique que de la volonté politique réelle de maintenir la transparence au cœur de l’État.
Elle ne pourra être maintenue que par une rigueur d’exécution sans faille à défaut d’être prise comme une nouvelle arlésienne.



