DIG / Le remaniement ministériel du 1ᵉʳ janvier 2026, annoncé par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, a marqué une rupture symbolique : celle de Henri-Claude Oyima, jusqu’alors ministre d’État chargé de l’Économie, des Finances et de la Relance, et vice-président du gouvernement par intérim.
Figure centrale de la transition, le PDG du groupe BGFIBank cède son portefeuille stratégique à Thierry Minko, signe d’un changement profond d’orientation.
Fin de l’ère de la rigueur, début d’un virage social
L’ère Oyima aura été celle de la discipline budgétaire et de l’« orthodoxie financière ». En 2025, le mot d’ordre était « année de la rupture », avec un budget cadré, un endettement maîtrisé et une priorité donnée à la stabilité macroéconomique.
Mais cette approche technocratique, si elle a redressé les comptes publics, s’est heurtée à une urgence sociale croissante.
Dans un contexte de construction de la Vᵉ République, les Gabonais attendent désormais des « résultats immédiats » : baisse du coût de la vie, accès aux services essentiels, relance de l’emploi.
Le départ d’Oyima est perçue, indique t-on, comme un signal politique clair : l’État choisit de concilier rigueur et justice sociale, en répondant aux attentes populaires sans pour autant sacrifier la crédibilité économique acquise.
Un rééquilibrage institutionnel inéluctable
Le départ d’Oyima s’inscrit aussi dans un réaménagement institutionnel. Avec la nomination d’Hugues Alexandre Barro Chambrier au poste de vice-président de la République et d’Hermann Immongault comme vice-président du gouvernement, le cumul de fonctions entre direction d’un empire bancaire privé et pilotage de la politique économique nationale devenait de plus en plus incongru.
Bien qu’il quitte la scène gouvernementale, Henri-Claude Oyima reste un acteur majeur de l’économie sous-régionale.
Il retrouve ainsi à plein temps la tête du groupe BGFIBank, tout en préparant, selon ses propres déclarations, une transition successorale à venir.
En somme, son départ marque la fin de la gestion de crise et le début d’une phase de transformation inclusive, plus ancrée dans les réalités sociales du pays.



