DIG / La prochaine visite du président Oligui Nguema à Luanda révèle une nécessité économique partagée, malgré les tensions diplomatiques enregistrées il y a plusieurs mois entre les 2 pays.
Les deux pays dépendent massivement des hydrocarbures. Le pétrole représente 50 % des recettes fiscales gabonaises mais leurs échanges directs restent dérisoires.
Les exportations angolaises vers le Gabon n’atteignaient que 5,14 millions de dollars en 2022. Un potentiel largement sous-exploité que cette visite entend débloquer.
L’Angola s’impose pourtant comme un partenaire de premier rang. Son économie a atteint un taux de croissance de 3,8 % en 2024, portée par une production pétrolière dépassant 1,1 million de barils par jour.
Son expertise en ingénierie offshore et en développement des infrastructures pourrait directement profiter au Gabon, dont la croissance pétrolière plafonne à 1,7 % sur la même période.
Rompre avec le shéma classique
L’enjeu central reste la transformation locale des ressources.
Les deux capitales veulent rompre avec le schéma classique d’exportation brute. Raffinage, pétrochimie, valorisation du bois et du manganèse côté gabonais : une coordination industrielle commune pourrait générer une véritable chaîne de valeur régionale, là où aujourd’hui chaque pays négocie isolément face aux grands acheteurs asiatiques.
Cette dynamique Sud-Sud prend une dimension stratégique alors que la Chine concentre déjà 28 % des exportations gabonaises.
Diversifier les alliances économiques vers d’autres puissances africaines n’est plus une option mais une priorité, pour réduire les vulnérabilités et peser davantage dans les négociations commerciales régionales.



