DIG / Le 1er avril 2026 a marqué le coup d’envoi d’une opération d’envergure nationale : l’inventaire exhaustif des stocks de Kevazingo.
Plus qu’un simple recensement technique, cette initiative symbolise la volonté du gouvernement de transformer une ressource autrefois liée aux scandales en un levier de croissance transparent et souverain.
Restaurer l’autorité et la souveraineté
Après des années de gel suite au « Kevazingo-gate » de 2019, Libreville passe à l’offensive.
En cartographiant précisément chaque mètre cube de bois présent sur le territoire — qu’il s’agisse de stocks saisis, abandonnés ou légaux — l’État réaffirme son contrôle physique sur son « or vert ».
L’enjeu de cet inventaire est avant tout économique. Le Kevazingo, l’une des essences les plus chères au monde, représente un potentiel de plusieurs dizaines de milliards de FCFA.
L’objectif est double :
-Monétiser les stocks dormants pour renflouer les caisses de l’État.
-Alimenter l’industrie locale, notamment dans la Zone Économique de Nkok, afin de transformer ce bois précieux sur place et d’exporter des produits finis à haute valeur ajoutée.
Priorité à la traçabilité et à la transparence
Pour rassurer les partenaires internationaux et les marchés certifiés, le Gabon mise sur une traçabilité infaillible.
Cet inventaire national permet de « verrouiller » la filière, empêchant ainsi l’introduction de bois issu de coupes illégales dans les circuits commerciaux.
C’est une étape cruciale pour consolider l’image du Gabon en tant que leader mondial de la gestion durable des forêts tropicales. Toutefois, le succès de cette mission reposera sur la vigilance des équipes sur le terrain.
Entre marquages sécurisés et surveillance technologique, le ministère des Forêts s’engage dans une course contre la montre pour assainir définitivement la filière.



