DIG/ Réunis face à l’hôtel de ville, plusieurs conducteurs de taxis ont élevé la voix contre ce qu’ils qualifient d’« acharnement administratif » de la mairie de Libreville.
Lors d’une interview accordée au média en ligne La Télé Mobile, les représentants syndicaux ont dénoncé des contrôles jugés illégaux, des frais excessifs et une concurrence qu’ils estiment déloyale.
À la tête de la mobilisation, Serge Bertrand Bekalé, président de la Fédération des syndicats de transport autonome du Gabon et lui-même taximan, accuse la municipalité d’outrepasser ses prérogatives.
Abus d’autorité
Selon lui, la mairie continue d’imposer des « états mécaniques » et des « numéros de portière » alors qu’un décret présidentiel aurait retiré ces compétences aux collectivités locales au profit du ministère des Transports.
« Depuis le 1er janvier 2026, cela ne relève plus de la mairie. Ce qu’ils font aujourd’hui, c’est de l’arnaque », tranche-t-il.
Pratique opaque
Les chauffeurs pointent notamment des mises en fourrière suivies du paiement obligatoire de 55 000 FCFA directement au trésor municipal, et non au Trésor public.
Une pratique qu’ils jugent opaque.
À cela s’ajoutent des contrôles qu’ils considèrent abusifs : fouilles de véhicules, vérifications d’éléments intérieurs et immobilisations prolongées, parfois en pleine course.
Concurrence déloyale
Les syndicats dénoncent la présence croissante de taxis clandestins, de véhicules privés et de sociétés de transport qui, selon eux, ne subiraient ni taxes ni contrôles similaires.
« Nous payons pour la salubrité, l’éclairage, les droits d’embarquement. Mais d’autres opèrent librement sans aucune contrainte. Il y a deux poids, deux mesures », fustigent-ils.
Face au silence de la mairie, malgré un courrier adressé le 23 février, les taximans brandissent désormais la menace d’un préavis de grève.
Si aucune solution n’est trouvée, ils envisagent de garer massivement leurs véhicules, paralysant ainsi le transport urbain.
« Trop, c’est trop. Nous sommes des opérateurs économiques, pas des cibles », préviennent-ils, appelant les autorités à rétablir l’équité et la légalité dans le secteur.



