Manganèse : Le Gabon face au coup de frein des importations chinoises en février

DIG / Les dernières données du Shanghai Metals Market (SMM) révèlent un signal contrasté pour le marché mondial du manganèse : en février 2026, les importations chinoises de minerai ont chuté de 33 % par rapport au mois précédent (MoM), tout en restant en légère progression de 3,24 % sur un an (YoY).

Pour le Gabon, dont l’économie repose largement sur l’exportation de ce minerai via la Comilog (Eramet) et d’autres opérateurs, ces statistiques méritent une lecture attentive.

Une chute mensuelle de 33 % : L’effet « Nouvel An Chinois »

Ce plongeon spectaculaire entre janvier et février n’est pas nécessairement structurel. Il s’explique principalement par le calendrier :

-Ralentissement saisonnier : Les festivités du Nouvel An chinois et les fermetures d’usines en Chine freinent traditionnellement la demande de matières premières.

-Stocks et logistique : Après un mois de janvier souvent marqué par des achats d’anticipation, le marché observe une phase de digestion en février.

La résilience annuelle 

 

C’est le chiffre le plus rassurant pour Libreville. Malgré la baisse mensuelle, la demande chinoise sur un an est en hausse. Cela confirme que l’appétit de l’industrie sidérurgique chinoise pour le manganèse gabonais de haute teneur reste solide.

Enjeux pour le Gabon en 2026 :

-Stabilité des prix : Un ralentissement prolongé en Chine pourrait peser sur les cours du minerai, impactant directement les recettes fiscales de l’État gabonais.

-Dépendance stratégique : Ces chiffres rappellent la vulnérabilité du secteur minier local face aux cycles économiques d’un acheteur unique (la Chine absorbe la majorité de la production mondiale).

-Performances ferroviaires : Alors que la demande annuelle progresse, la capacité du Transgabonais à acheminer le minerai de Moanda vers le port d’Owendo reste le véritable défi pour transformer cette demande en croissance réelle.

Perspectives

Si le recul de février est conjoncturel, la reprise attendue au deuxième trimestre 2026 sera cruciale. Le Gabon devra surveiller si la relance de l’immobilier et de la production d’acier en Chine permet de compenser ce creux hivernal.

 

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La Redaction

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