Marché financier de la Cemac : Le gabonais Smart Capital obtient sa licence d’intermédiation boursière

DIG/ Treize ans après l’attribution du premier agrément boursier gabonais à BGFIBourse, la Cosumaf a accordé, le 10 mars 2026, une licence d’intermédiation à Smart Capital, fondée en 2021 et dotée d’un capital de 300 millions de FCFA.

Cette décision met fin à une décennie de quasi-monopole local qui contraignait l’État et les opérateurs privés à solliciter des prestataires camerounais pour leurs opérations de marché.

L’enjeu pour les finances publiques est immédiat. L’État, qui a mobilisé plusieurs milliards de FCFA sur le marché obligataire régional en début d’année 2026, bénéficiera d’une concurrence effective dans la constitution des syndicats de placement avec une pression naturelle sur les commissions d’arrangement.

Alternative nationale

Pour les investisseurs institutionnels et privés locaux, Smart Capital offre une alternative de proximité pour gérer des portefeuilles d’actions et d’obligations cotées à la BVMAC, sans passer par Douala ou Yaoundé.

Le signal dépasse cependant les frontières du Gabon. À fin juin 2025, la Cosumaf comptait 25 sociétés de bourse agréées en zone Cemac, avec une concentration marquée au Cameroun.

La faiblesse structurelle du marché reste criante : moins d’une dizaine de sociétés cotées à la BVMAC et une capitalisation boursière encore étroite.

L’arrivée de Smart Capital pourrait être lue comme un signal d’ouverture régulatoire, à condition que l’élargissement des intermédiaires s’accompagne d’un effort pour attirer de nouveaux émetteurs.

Crédibilité

Le vrai test ne sera pas l’agrément, mais la conquête de mandats face à BGFIBourse, solidement ancré depuis treize ans auprès de l’État et des grands groupes régionaux.

Le DG de Spart Africa Bouanza Mombo connaît précisément ce terrain pour y avoir signé des opérations emblématiques, dont l’introduction en bourse de SIAT Gabon et des financements structurés pour OLAM et GSEZ.

Sa capacité à mobiliser ces réseaux sous sa propre bannière dira si cette rupture du monopole marque un tournant durable ou reste, pour l’heure, une concurrence de papier.

 

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La Redaction

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