DIG/ La reprise confirmée de la mine australienne de Groote Eylandt (GEMCO), opérée par South32, marque la fin d’une période d’exception pour le Gabon, qui va devoir composer avec le retour de son principal concurrent sur le segment du haut de gamme.
L’arrêt des opérations à Groote Eylandt (suite au cyclone Megan début 2024) avait laissé un vide sur le marché mondial, permettant aux producteurs gabonais, notamment la Comilog à Moanda, de consolider leurs parts de marché en Chine et de maintenir des volumes d’exportation élevés.
Le retour annoncé de l’offre australienne en 2026 signifie que le Gabon ne sera plus le seul recours massif pour les minerais à haute teneur.
Vers une pression sur les prix ?
L’injection de volumes supplémentaires australiens dans l’offre mondiale risque mécaniquement de détendre les cours du minerai.
Pour le Gabon, dont le manganèse est une ressource budgétaire clé, l’enjeu sera de maintenir sa compétitivité.
Si les volumes exportés par Moanda devraient rester robustes grâce à la qualité exceptionnelle du gisement, la « prime » liée à la pénurie de minerai oxydé va s’estomper.
L’année 2026 marquera donc le retour du duel historique entre le Gabon et l’Australie.
Les opérateurs gabonais devront miser sur la fiabilité de la logistique ferroviaire (Transgabonais) et la maîtrise des coûts de production pour défendre leurs positions face à ce rival australien qui revient en force pour alimenter les aciéries mondiales.



