DIG/ La chaîne d’information internationale France 24 pourrait-elle être suspendue au Gabon ?
La question se pose après la vive réaction du gouvernement à l’interview accordée par Sylvia Bongo Ondimba et diffusée vendredi 6 mars 2026 par la chaîne française, dans laquelle l’ex-première dame accuse les autorités gabonaises d’actes de torture.
Lors d’une conférence de presse tenue dimanche 8 mars 2026 à Libreville, le ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow, a dénoncé ce qu’il qualifie de campagne de désinformation.
Face aux journalistes, le ministre a fustigé la ligne éditoriale de la chaîne. Selon lui, certains médias occidentaux relaient « des contre-vérités et des récits déformés » susceptibles de porter atteinte à l’image du pays et à la crédibilité de ses institutions.
Le gouvernement gabonais rejette ainsi catégoriquement les accusations de torture évoquées par l’épouse de l’ancien président.
Les autorités assurent par ailleurs que les conditions de détention de Noureddin Bongo Valentin et des autres personnes concernées respectent les règles de droit et la dignité humaine.
Menace et réplique
Pour Libreville, les déclarations de Sylvia Bongo relèvent d’allégations diffamatoires qui ne reposent sur aucun fait avéré.
Face à ce qu’il considère comme des « dérives répétées », Germain Biahodjow n’exclut pas des mesures fortes. Le gouvernement, dit-il, « se réserve le droit de prendre les décisions nécessaires », y compris la suspension du droit de diffusion de France 24 sur le territoire gabonais.
Une menace qui ravive le débat sur les relations parfois tendues entre autorités politiques et médias internationaux.
Malgré cette fermeté, le ministre affirme rester ouvert à la confrontation des points de vue.
Interpellé par un journaliste de France 24 présent dans la salle, il s’est dit prêt à participer à une émission ou à une interview sur la chaîne afin de présenter la version officielle de l’État et défendre l’action des autorités de transition.



