Nouvelle Mercuriale des prix : Pourquoi les commerçants ne la respectent pas ?

DIG / Depuis des années, l’État gabonais publie, révise et diffuse sa mercuriale des prix. Et depuis des années, les commerçants font à peu près ce qu’ils veulent.

La tournée récente lancée par la DGCCRF dans le Grand Libreville (Owendo à Akanda, de Ntoum à Libreville), illustre moins une offensive réglementaire qu’un constat d’impuissance : celui d’un texte qui existe, mais que personne ne craint vraiment.

Défiance sans sanction

La question mérite d’être posée franchement : pourquoi les commerçants ne respectent-ils pas la mercuriale ? Les réponses sont multiples, et aucune n’est flatteuse pour les pouvoirs publics.

D’abord, les sanctions restent rares, peu visibles et insuffisamment dissuasives.

Un opérateur qui pratique des prix supérieurs aux tarifs réglementés court davantage le risque d’un avertissement oral que d’une fermeture administrative ou d’une amende significative. Dans ce rapport coût-bénéfice, la tentation de la marge l’emporte systématiquement sur la crainte du gendarme économique.

Il y a ensuite une réalité structurelle que la mercuriale, par nature, ne peut pas résoudre seule, celle des coûts d’approvisionnement.

Entre les frais portuaires d’Owendo, les marges des grossistes, le coût du transport et les taxes diverses, le prix d’un produit a déjà considérablement gonflé avant d’atteindre l’étal du détaillant.

Fixer un tarif réglementé sans agir sur cette chaîne en amont revient à plafonner la température d’une pièce sans couper le radiateur.

Amendes exemplaires

La communication pose également problème. Que le maire de Libreville doive s’engager à mobiliser les panneaux publicitaires municipaux pour diffuser les prix réglementés en dit long : après toutes ces années, les opérateurs économiques et plus encore les consommateurs, ignorent souvent le contenu exact de la mercuriale.

Un texte que personne ne consulte est un texte que personne n’applique.

La séance de travail du 27 mars 2026 à la Mairie de Libreville est donc utile, mais insuffisante si elle reste sans suite judiciaire ou administrative tangible.

La DGCCRF dispose des attributions nécessaires pour sanctionner.

La vraie question n’est plus de savoir si les commerçants connaissent la mercuriale, c’est de savoir ce qu’il leur en coûte de ne pas la respecter.

 

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La Redaction

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