DIG/ Le ministre de la Justice, Augustin Emandé, vient de jeter un pavé dans la mare : la mise en place imminente d’un numéro vert pour dénoncer les actes de corruption.
Le citoyen, nouveau « gendarme » de la République
Jusqu’ici, la lutte contre la corruption semblait être une affaire de hautes sphères et de dossiers feutrés. En ouvrant une ligne directe avec le public, le gouvernement déplace le combat dans la rue, les bureaux administratifs et les barrages routiers.
L’objectif est clair : briser le sentiment d’impunité en faisant de chaque Gabonais un acteur de la vigilance nationale. C’est la « décentralisation » de l’intégrité.
Un signal fort envoyé à Washington et aux investisseurs
Cette annonce ne tombe pas par hasard. Alors que le Gabon affine ses négociations avec le FMI et cherche à rassurer les marchés financiers après des notations en dents de scie, la transparence est la meilleure des monnaies.
Entre espoir et pragmatisme : les défis du « bouton vert »
Si l’initiative séduit, elle soulève des questions de fond que les autorités devront trancher pour éviter l’effet de gadget :
-La protection des lanceurs d’alerte : qui osera dénoncer sans la garantie absolue d’un anonymat et d’une protection juridique contre les représailles ?
-La réponse judiciaire : le numéro vert ne doit pas devenir un simple « mur de lamentations ». Le succès de cette mesure se mesurera au nombre de dossiers qui aboutiront réellement devant les tribunaux.
-Le filtrage : la Commission devra naviguer avec adresse pour distinguer les dénonciations d’intérêt public des règlements de comptes personnels.
C’est une avancée psychologique majeure. En donnant la parole au peuple, les autorités marquent leur volonté de rompre avec les pratiques du passé.
Mais attention : la confiance est fragile. Pour que le téléphone sonne utile, il faudra que derrière la ligne, la justice suive avec la même célérité.



