DIG / Le président Brice Clotaire Oligui Nguema, a lancé un pari ambitieux : faire du Sud-Ouest du pays le fer de lance de l’après-pétrole grâce à l’activation d’un vaste « corridor minier ».
Face à l’épuisement inéluctable des ressources hydrocarbures, la stratégie nationale s’oriente vers la diversification. Le projet repose sur l’exploitation intensive de ressources locales à forte valeur ajoutée : le fer, la potasse et le marbre.
En effet, trois projets majeurs sont au centre de cette ambition : l’exploitation du fer de Milingui, du marbre de Doussièguoussou et de la potasse de Mayumba.
Ensemble, ils pourraient créer entre 6 000 et 7 000 emplois, directs et indirects, dynamisant l’économie locale et nationale.
Un corridor logistique stratégique
L’objectif comptable aussi est clair : générer dès 2026 des recettes annuelles s’élevant à 100 milliards de FCFA.
Au-delà des chiffres macroéconomiques, l’enjeu est social. Ce corridor minier devrait permettre la création de 7 000 emplois directs et indirects dans la région.
C’est une réponse concrète aux attentes des populations locales et une opportunité majeure pour l’employabilité des jeunes, l’un des piliers du programme de développement présidentiel.
Pour réussir ce « pari fou », des investissements massifs dans les infrastructures sont prévus pour désenclaver la province et acheminer les minerais vers les marchés internationaux.
Un projet réaliste ?
Ce projet ne se contente pas d’extraire des ressources ; il vise à structurer durablement l’économie de la Nyanga, transformant la « belle endormie » en un hub industriel dynamique.
Si la promesse de 7 000 emplois fait briller les yeux d’une jeunesse en attente, l’enjeu reste celui de l’exécution : transformer ce « pari fou » en réalité concrète nécessitera bien plus que des annonces, dans une province qui a trop souvent vu les projets s’ensabler.
Défi social
D’après une étude combinée de la direction générale des Impôts et du Centre de développement des entreprises datant de 2013 ( mais qui reste d’actualité), l’Ogooué-Ivindo (0,6 %), l’Ogooué-Lolo (0,59 %) et la Nyanga (0,5 %) sont respectivement les trois provinces du pays où l’activité économique est la moins dense et qui attirent le moins d’investisseurs.
D’après les données disponibles, environ 77,2 % des ménages de la Nyanga vivent en dessous du seuil de pauvreté, et 48 % sont considérés comme très pauvres, avec un indice de richesse international (IWI) inférieur à 501.



